Une équipe de 6 500 ingénieurs et chefs de produit de Meta dénonce des méthodes de recrutement brutales et un environnement de travail toxique dans son unité dédiée à l'IA.
UNE ÉQUIPE DE 6 500 PERSONNES SOUS PRESSION
Une nouvelle enquête publiée par Wired révèle que l’unité Applied AI de Meta, créée il y a seulement trois mois, serait au bord de la révolte. Cette équipe, composée de 6 500 ingénieurs et responsables produits, a pour mission de soutenir les ambitions de Recherche en intelligence artificielle du géant des réseaux sociaux. Pourtant, les employés décrivent un climat de travail oppressant, où la pression et l’insatisfaction dominent.
UNE EXPLOSION DE COLÈRE EN DIRECT
Le drame a commencé lors d’une présentation interne diffusée en direct sur le réseau interne de Meta. Un employé, hors de lui, a pris le contrôle de la diffusion pour hurler des insultes contre un cadre supérieur de l’IA de Meta, exigeant que les participants lui répètent : « Tu es un gros connard ». Le présentateur aurait alors caché son visage avec ses mains, sous le choc. Cet incident reflète la rage qui couve au sein de cette unité, créée il y a trois mois seulement.
DES RECRUTEMENTS FORCÉS ET MYSTÉRIEUX
Un rapport du Business Insider publié le mois dernier avait déjà révélé comment de nombreux employés avaient appris leur mutation forcée vers cette équipe : par un simple email surprise. Un employé concerné avait décrit ce processus sur Reddit comme « assez aléatoire ». Selon un communiqué interne consulté par le média, la raison de ces recrutements forcés ? Les modèles d’IA de Meta manquent encore de connaissances pour surpasser les humains dans des tâches techniques comme la programmation. « Pour que nos agents comprennent comment les gens accomplissent des tâches quotidiennes sur ordinateur, nous devons entraîner nos modèles sur des exemples réels », pouvait-on lire dans l’annonce.
ZUCKERBERG JUSTIFIE LE RECRUTEMENT FORCÉ
Dans un enregistrement audio d’une réunion interne diffusé ce mois-ci, le PDG de Meta, Mark Zuckerberg, a expliqué pourquoi l’entreprise avait choisi de recruter en interne plutôt que de faire appel à des sous-traitants. Il a évoqué Alexandr Wang, ancien patron de Scale AI rachetée par Meta pour 14,3 milliards de dollars, qui occupe désormais le poste de directeur de l’IA. Zuckerberg a souligné que Wang connaissait parfaitement le monde de l’étiquetage de données. « Franchement, le niveau d’intelligence moyen d’un employé de Meta est significativement plus élevé que celui d’un contractant externe », a-t-il ajouté, faisant de ces employés les meilleurs candidats pour ce travail.
DES EMPLOYÉS PIÉGÉS DANS UN « GOULAG »
Les employés décrivent une situation où ils n’ont pas eu le choix : accepter leur mutation ou quitter l’entreprise. Beaucoup se présentent eux-mêmes comme des « conscrits ». Leur mission ? Créer des énigmes et des problèmes de programmation pour entraîner les modèles d’IA. « C’est littéralement un goulag », a déclaré un employé à Wired. « La plupart des gens trouvent ce travail écrasant moralement », a confirmé un autre.
UNE MOBILISATION CONTRE LA SURVEILLANCE AU TRAVAIL
Ce n’est pas seulement dans l’unité Applied AI que le moral est au plus bas. Plus de 1 600 employés de Meta à travers le monde auraient signé une pétition contre un programme de surveillance qui enregistre leurs clics et leurs frappes au clavier pour alimenter les données d’entraînement de l’IA. L’ambiance dans l’entreprise est si tendue que Chris Cox, directeur produit de Meta, a dû reconnaître cette semaine, lors d’un appel avec les employés, que l’environnement de travail était « brutal ».
UNE STRUCTURE MANAGÉRIALE PROBLÉMATIQUE
Selon des rapports antérieurs, l’équipe Applied AI est dirigée par Maher Saba, un vétéran de Meta depuis 12 ans, ancien vice-président de la division Reality Labs — celle qui a englouti 83 milliards de dollars dans le métavers avant que Meta ne se tourne vers l’IA. Cette nouvelle unité dépend directement d’Andrew Bosworth, directeur technique de Meta. À l’origine, la structure prévoyait qu’un seul manager supervise jusqu’à 50 employés.
ZUCKERBERG RECONNAÎT LES ERREURS
Dans un mémo interne diffusé vendredi dernier, Mark Zuckerberg aurait reconnu que les récentes modifications avaient « causé de la détresse » au sein de l’entreprise. Il a admis que Meta avait commis des erreurs et qu’il comptait les corriger. Toujours selon Wired, il a ajouté dans son message que « l’étoile polaire de Meta est de devenir le meilleur endroit au monde pour les talents les plus brillants afin qu’ils puissent avoir un impact ».
UNE CULTURE D’ENTREPRISE EN QUESTION
Les révélations sur les conditions de travail dans l’unité IA de Meta s’ajoutent à une série de critiques sur la culture d’entreprise du géant des réseaux sociaux. Entre les licenciements massifs, les mutations forcées et les méthodes de recrutement brutales, l’image de Meta en tant qu’employeur se dégrade rapidement. Les employés, autrefois fiers de travailler pour une entreprise innovante, se retrouvent aujourd’hui piégés dans un système qu’ils décrivent comme inhumain.
UN AVENIR INCERTAIN POUR L’UNITÉ IA
Alors que Meta continue d’investir des milliards dans l’intelligence artificielle, la question se pose : cette unité de 6 500 personnes pourra-t-elle survivre à un tel environnement ? Les employés, épuisés et démoralisés, pourraient-ils mener une révolte ouverte ? Une chose est sûre : le malaise est profond, et les solutions promises par Zuckerberg dans son mémo devront être concrètes pour éviter une crise majeure.
UNE SITUATION QUI DÉPASSE L’UNITÉ IA
Au-delà des problèmes spécifiques à l’unité Applied AI, c’est toute la culture de travail chez Meta qui est remise en cause. Les licenciements massifs, les mutations forcées et les méthodes de surveillance intrusives créent un climat de peur et d’insécurité. Les employés, autrefois motivés par l’innovation, se retrouvent aujourd’hui dans un environnement où la pression et l’épuisement prennent le pas sur la créativité.
- TechCrunch AI
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