Apple attaque OpenAI en justice pour avoir prétendument volé ses secrets industriels. Des ex-employés auraient emporté prototypes et documents confidentiels.

UNE PLAINTE QUI FAIT TREMBLER LA SILICON VALLEY

Apple a déposé une plainte contre OpenAI et son responsable Matériel, Tang Tan, vendredi. L’entreprise californienne accuse le géant de l’IA d’avoir volé ses secrets industriels, incluant des pièces non dévoilées, des prototypes, des designs confidentiels et des documents sur des projets ultra-secrets. Selon Apple, OpenAI aurait encouragé ses employés à quitter l’entreprise en emportant avec eux des technologies propriétaires et non publiées.

« Le secteur matériel naissant d’OpenAI repose sur des fondations branlantes, pourries jusqu’à l’os par sa dépendance illégale à des secrets industriels volés. »

La plainte est déposée devant un tribunal fédéral de San José, en Californie. Apple décrit OpenAI comme ayant recours à des méthodes illégales pour accélérer le développement de son premier produit matériel commercial, sous une pression croissante pour livrer.

OPENAI RÉPOND : « AUCUN INTÉRÊT POUR LES SECRETS D’AUTRUI »

Un porte-parole d’OpenAI, Drew Pusateri, affirme que l’entreprise « n’a aucun intérêt pour les secrets industriels des autres entreprises ». Il ajoute que la société reste « concentrée sur la construction de technologies innovantes qui autonomisent les gens partout dans le monde ». Tang Tan n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

Hannah Smith, porte-parole d’Apple, déclare quant à elle que l’entreprise « défendra toujours le travail acharné et les innovations de ses équipes, et prendra toutes les mesures appropriées pour le faire ».

UN CONFLIT QUI RAPPELLE LES GRANDES GUERRES DE BREVETS

Cette plainte ouvre ce qui pourrait devenir l’un des conflits les plus explosifs sur le vol de propriété intellectuelle dans la Silicon Valley depuis 2017. À l’époque, Waymo, la filiale autonome de Google, avait accusé Uber d’avoir volé des designs matériels en embauchant un ancien ingénieur de Waymo parti avec des milliers de fichiers confidentiels. Uber avait finalement accepté de payer 245 millions de dollars pour régler le litige en plein procès.

UNE ALLIANCE QUI S’EFFRITE, UNE RIVALITÉ QUI S’INTENSIFIE

Apple et OpenAI étaient partenaires depuis 2024, date à laquelle elles avaient annoncé un accord historique pour intégrer ChatGPT sur les iPhones, MacBooks et iPads. Mais cette collaboration s’est dégradée ces dernières années. Apple s’est tourné vers la technologie d’IA de Google, Gemini, pour développer ses propres modèles d’IA maison. Les deux entreprises devraient se livrer une concurrence féroce dans les années à venir, notamment sur le marché émergent des appareils grand public alimentés par l’IA.

400 EX-EMPLOYÉS D’APPLE RECRUTÉS PAR OPENAI

La plainte révèle qu’OpenAI a embauché plus de 400 anciens employés d’Apple. Parmi eux, plusieurs vétérans de l’entreprise mènent désormais le développement des appareils grand public alimentés par l’IA chez OpenAI. En 2025, OpenAI a déboursé 6,5 milliards de dollars pour racheter une startup appelée io Products, cofondée par d’anciens cadres d’Apple dont Tang Tan, Scott Cannon, Evans Hankey et le célèbre designer Jony Ive.

io Products et Chang Liu, un ingénieur électrique chez OpenAI jusqu’en janvier 2026, sont également cités comme défendeurs dans la plainte. Liu n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

UNE ENQUÊTE QUI DÉBUTE PAR UN ORDINATEUR OUBLIÉ

Apple a mené son enquête sur ce prétendu vol en analysant les données et messages récupérés sur les appareils de ses employés. L’entreprise a découvert des éléments suspects dès le début de l’année 2026, après que Liu n’ait pas rendu son ordinateur professionnel et ait écrit à un ancien collègue qu’il avait encore accès au système interne de partage de fichiers d’Apple. Selon la plainte, Apple précise que l’accès de Liu était rendu possible par un bug, désormais corrigé.

La plainte affirme que Liu a téléchargé des dizaines de fichiers confidentiels liés au matériel d’Apple, dont une présentation sur la fabrication et les tests de cartes de circuits complexes utilisées dans les appareils de l’entreprise. Le document révèle également que Liu a conseillé à un employé d’Apple qu’il tentait de recruter pour OpenAI comment « éviter les ennuis avec l’équipe sécurité » lorsqu’il copiait des fichiers confidentiels d’Apple.

APPLE A ALERTÉ OPENAI, SANS RÉPONSE

En février 2026, Apple a écrit à OpenAI pour exprimer ses premières inquiétudes concernant le prétendu vol. Aucune réponse n’a été reçue, ce qui a conduit l’entreprise à approfondir son enquête et à déposer la plainte.

Apple affirme avoir découvert que Tang Tan avait envoyé par e-mail des informations sur les fournisseurs de l’entreprise avant de partir. D’autres employés ayant rejoint OpenAI auraient fait de même, selon la plainte. Tan est également accusé d’avoir demandé à des candidats encore en poste chez Apple d’apporter des pièces réelles d’Apple à leurs entretiens chez OpenAI. Ces séances de démonstration visaient à obtenir davantage d’informations confidentielles. Parmi les composants recherchés figuraient des batteries, des cartes logiques et des blindages.

UNE EMPLOYÉE PREND DES CAPTURES D’ÉCRAN AVANT DE PARTIR

Apple cite un autre cas : un employé a pris des captures d’écran et téléchargé des fichiers relatifs à un projet ultra-confidentiel quelques heures avant un entretien prévu avec Tang Tan chez OpenAI.

Tan est également accusé d’avoir récupéré un document interne Apple destiné aux managers, expliquant les procédures de sécurité pour les employés quittant l’entreprise. Lui et les recruteurs d’OpenAI auraient utilisé ce fichier pour conseiller aux employés d’Apple de quitter l’entreprise sans préavis de deux semaines, de prolonger leur accès aux systèmes internes et d’éviter de signer tout document de sortie.

« Sans surprise, Apple a identifié un schéma récent inquiétant chez les employés qui partent travailler pour OpenAI. Ces employés prennent des mesures pour contourner les mesures de sécurité, comme ne pas donner de préavis de deux semaines ou ignorer les relances du service sécurité pour organiser les procédures de sortie et les revues de sécurité. »

OPENAI ACCUSÉ DE CIBLER LES FOURNISSEURS D’APPLE

Les accusations d’Apple contre la division matérielle d’OpenAI, io, incluent des tentatives d’approcher au moins deux fournisseurs de l’entreprise pour reproduire des travaux. L’un d’eux a réalisé une technique de finition métallique secrète pour OpenAI après avoir été induit en erreur, pensant qu’Apple avait approuvé le projet. L’autre fournisseur, spécialisé dans les batteries, a reçu des questions ciblées de la part d’OpenAI pour en savoir plus sur les composants d’Apple et faire avancer ses propres intérêts, selon la plainte.

UN PROJET MATÉRIEL QUI PREND DU RETARD

OpenAI n’a que peu communiqué sur ses efforts matériels, si ce n’est qu’elle développe une « famille » d’appareils alimentés par l’IA. Alors qu’OpenAI prévoyait initialement d’utiliser la marque io pour ses produits matériels, la société a indiqué dans des documents judiciaires qu’elle choisirait un nouveau nom et ne livrera aucun appareil aux clients avant avril 2027 au plus tôt. Des rapports indiquent qu’OpenAI travaille sur un boîtier intelligent contrôlable à la voix, posé sur une table, et sur lequel les utilisateurs pourraient interagir.

APPLE DEMANDE L’ARRÊT IMMÉDIAT DES PRATIQUES ET DES DOMMAGES

Apple demande dans sa plainte une ordonnance d’injonction pour empêcher OpenAI de continuer à s’engager dans le prétendu vol. L’entreprise réclame également des dommages et intérêts financiers et le retour de toute propriété et donnée volée.

LA TECHNOLOGIE, NOUVELLE FRONTIÈRE DES GUERRES ÉCONOMIQUES

Ce conflit illustre comment la course aux technologies d’IA pousse les entreprises à franchir des lignes rouges. Les secrets industriels, autrefois protégés par des contrats et des procédures strictes, deviennent une cible privilégiée dans un secteur où l’innovation se mesure en mois, voire en semaines. Les enjeux financiers et stratégiques sont tels que les méthodes utilisées pour voler ou protéger ces secrets pourraient redéfinir les règles du jeu dans la Silicon Valley.

CE QUE ÇA CHANGE POUR TOI, L’UTILISATEUR

Si tu utilises un iPhone ou un Mac, ce conflit pourrait avoir des répercussions sur les fonctionnalités futures de tes appareils. Apple pourrait être contraint de retarder ou modifier le développement de ses propres technologies d’IA si le procès l’oblige à se concentrer sur la défense de ses secrets industriels. À l’inverse, OpenAI pourrait accélérer ses projets matériels si elle parvient à contourner les obstacles juridiques. Dans tous les cas, les utilisateurs pourraient voir émerger des appareils plus performants… ou des litiges qui retardent les innovations.

UNE AFFAIRE À SUIVRE DE TRÈS PRÈS

Les prochains mois seront cruciaux pour déterminer si cette plainte aboutira à un règlement ou à un procès public. Les entreprises de la tech, déjà sous le feu des projecteurs pour leurs pratiques en matière de propriété intellectuelle, devront faire face à une pression accrue pour clarifier leurs règles internes et protéger leurs innovations. Une chose est sûre : la bataille entre Apple et OpenAI ne fait que commencer.

Sources :
  • Wired AI

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