La Chine accusée de voler des technologies américaines pour ses IA. L'armée US gaspille des milliards de tokens. Un boîtier présent dans 2 millions de voitures permet de les pirater en Bluetooth. Voici pourquoi tout le monde a intérêt à vérifier.
Cette semaine, l’émission Vallée Inquiétante décrypte trois scandales technologiques qui secouent l’actualité. D’abord, la Maison Blanche accuse le laboratoire chinois Moonshot AI d’avoir volé des modèles d’Anthropic pour créer son IA Kimi K3. Ensuite, l’armée américaine doit réduire son utilisation de l’IA après avoir épuisé ses tokens en quelques semaines seulement. Enfin, des chercheurs de l’université de Californie ont découvert qu’un boîtier d’alarme présent dans plus de 2 millions de voitures aux États-Unis permet de les pirater à distance. Trois affaires qui montrent à quel point l’intelligence artificielle et la technologie deviennent des armes à double tranchant.
MOONSHOT AI ACCUSÉ D’AVOIR COPIÉ ANTHROPIC POUR CRÉER KIMI K3
Vendredi dernier, le laboratoire chinois Moonshot AI a lancé son nouveau modèle d’IA, Kimi K3, qui rivalise avec les meilleurs modèles américains comme ceux d’OpenAI ou d’Anthropic. Mais aujourd’hui, Michael Kratsios, directeur de la Maison Blanche, a accusé Moonshot d’avoir distillé (c’est-à-dire copié et optimisé) le modèle Fable 5 d’Anthropic pour créer le sien. Une accusation qui rappelle le scandale DeepSeek, où un autre laboratoire chinois avait été accusé de copier des technologies occidentales.
La question se pose : sommes-nous en train de revivre un nouveau DeepSeek moment ? Pour rappel, DeepSeek avait surpris le monde en 2024 en publiant un modèle d’IA aussi performant que ceux des géants américains, mais à moindre coût. Aujourd’hui, le même scénario semble se reproduire avec Kimi K3, qui pourrait bien devenir le prochain symbole de la guerre technologique entre la Chine et les États-Unis.
POURQUOI LA CHINE PRÉFÈRE L’IA LIBRE DE DROITS ?
Ce qui rend Kimi K3 particulièrement inquiétant pour les États-Unis, c’est qu’il s’agit d’un modèle à poids ouvert (open-weight). En d’autres termes, n’importe qui peut l’utiliser, l’étudier et l’améliorer gratuitement. Une stratégie radicalement différente de celle des géants américains comme OpenAI ou Anthropic, qui vendent l’accès à leurs modèles sous forme d’abonnements payants.
Pourquoi la Chine adopte-t-elle cette approche ? Plusieurs théories existent. La première est que la Chine manque de puissance de calcul (compute) à cause des restrictions américaines. En publiant des modèles libres, elle contourne ces limites et renforce son influence technologique. Une stratégie qui rappelle celle de Meta avec son modèle Llama, avant que l’entreprise ne change de cap en investissant des milliards dans des laboratoires fermés.
Une autre explication vient de la vision chinoise de l’AGI (Artificial General Intelligence, ou intelligence artificielle générale). Contrairement aux États-Unis, où l’AGI est présentée comme une révolution imminente, la Chine et le Parti communiste chinois semblent moins obsédés par cette idée. Comme l’explique un ancien conseiller de la Maison Blanche devenu cadre chez OpenAI, la Chine serait plutôt yann-lecunienne : pour elle, l’IA n’est qu’un outil, pas une fin en soi. Yann LeCun, scientifique en chef de l’IA chez Meta, est connu pour minimiser l’importance de l’AGI et critiquer le battage médiatique autour de cette technologie.
En résumé, la Chine mise sur l’open source pour accélérer son Développement technologique, tandis que les États-Unis restent coincés dans une logique de propriété intellectuelle et de profits. Une différence de stratégie qui pourrait bien redéfinir l’équilibre du pouvoir dans le domaine de l’IA.
L’ARMÉE AMÉRICAINE À SEC DE TOKENS : LE COÛT RÉEL DE L’IA
Pendant que la Chine et les États-Unis s’affrontent dans la course à l’IA, l’armée américaine vient de découvrir une vérité amère : l’intelligence artificielle coûte très cher. Selon un rapport interne, le département de la Défense (DOD) a épuisé en quelques semaines seulement son budget annuel de tokens, ces unités de calcul utilisées par les modèles d’IA pour fonctionner.
En mai 2026, le DOD avait annoncé que près de la moitié de ses 3,5 millions d’employés utilisaient l’IA au travail. Un mois plus tard, les membres du Combat Capabilities Development Command (DEVCOM) de l’armée américaine recevaient un email les informant que leur pool de tokens était épuisé et qu’ils devaient limiter leur utilisation. Un email qui résume bien la situation : « Bien que le DOD ait annoncé en mai 2026 qu’il offrait des tokens illimités, mi-juin, le pool de tokens du DOD était épuisé et des limites ont dû être rétablies. »
Pour comprendre l’ampleur du problème, il faut savoir qu’un simple échange avec un chatbot consomme environ 10 tokens. Pendant la campagne Operation Epic Fury en Iran, le DOD a brûlé 20 milliards de tokens par jour pendant 38 jours. Un chiffre astronomique qui montre que l’IA n’est pas toujours une solution efficace, surtout quand on ne maîtrise pas son coût.
Mais à quoi sert donc cette IA dans l’armée ? Selon les rapports, elle est utilisée pour des tâches administratives comme le reclassement de descriptions de personnel, l’alignement des missions avec les compétences des soldats, ou encore la gestion des ressources humaines. Des tâches qui, en théorie, devraient être automatisées, mais qui coûtent bien plus cher que prévu.
Le problème, c’est que personne n’avait vraiment anticipé le coût réel de l’IA. Les employés recevaient automatiquement 200 000 tokens par mois, et s’ils les utilisaient trop vite, on leur en attribuait davantage. Une politique qui a conduit à un gaspillage massif de ressources, sans réelle réflexion sur l’impact environnemental ou financier.
Cette situation rappelle étrangement les campagnes de sensibilisation sur le gaspillage d’eau : tout le monde savait que c’était une ressource limitée, mais personne n’avait vraiment pris la mesure du problème jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Aujourd’hui, l’armée américaine doit revoir sa stratégie et apprendre à utiliser l’IA de manière plus responsable.
VOTRE VOITURE EST PEUT-ÊTRE DÉJÀ PIRATABLE À CAUSE D’UN BOÎTIER CACHÉ
Passons maintenant à un sujet qui concerne directement les automobilistes : un boîtier d’alarme présent dans plus de 2 millions de voitures aux États-Unis pourrait permettre à des pirates de les voler. Une découverte faite par des chercheurs de l’université de Californie à San Diego, qui ont révélé une faille majeure dans le système KARR Security.
Ce boîtier, installé par les concessionnaires pour protéger les voitures sur les parkings, n’est généralement pas retiré après la vente. Résultat : des millions de propriétaires roulent sans le savoir avec un dispositif qui pourrait faciliter le vol de leur véhicule. Voici comment ça fonctionne :
- Un mot de passe unique pour tous : Tous les boîtiers KARR partagent la même clé d’authentification Bluetooth. C’est comme si chaque voiture avait le même mot de passe Netflix : une faille de sécurité évidente.
- Une faille facile à exploiter : Des chercheurs ont réussi à pirater cette clé et à créer une application personnalisée. Tant qu’ils se trouvent à proximité de la voiture, ils peuvent envoyer un signal radio pour déverrouiller les portes, désactiver l’alarme, faire klaxonner ou clignoter les feux, et même couper le contact.
- Un vol en deux étapes : Une fois à l’intérieur, un pirate peut utiliser un outil de serrurier commercial pour créer une clé en quelques minutes et démarrer la voiture.
Le pire ? La plupart des propriétaires ignorent tout de ce boîtier. Pour vérifier si votre voiture est concernée, il faut chercher un autocollant SWDS (Southwest Dealer Services) sur la vitre côté conducteur, ou un petit voyant clignotant sous le tableau de bord. Si vous trouvez l’un de ces indices, vous devrez télécharger l’application KARR et installer une mise à jour du firmware pour corriger la faille. Une opération que peu de gens prendront le temps de faire.
Cette affaire rappelle les attaques par relais, où des voleurs utilisent un relais pour copier le signal d’une clé de voiture et ouvrir le véhicule à distance. Mais cette fois, le problème vient d’un dispositif installé par les concessionnaires eux-mêmes, ce qui rend la faille encore plus choquante.
POURQUOI CES SCANDALES MONtrent LES FAIBLESSES DE LA TECHNOLOGIE MODERNE
Ces trois affaires révèlent une tendance inquiétante : la technologie, surtout lorsqu’elle est mal maîtrisée, peut devenir un véritable casse-tête. Que ce soit l’IA, qui coûte une fortune et s’avère parfois inefficace, ou les systèmes de sécurité automobile, qui créent des failles plutôt que de les combler, les exemples ne manquent pas.
Pour l’IA, le problème est double. D’un côté, les États-Unis et la Chine s’affrontent dans une course effrénée, où la copie et le vol de technologies deviennent monnaie courante. De l’autre, les entreprises et les institutions sous-estiment le coût réel de ces outils, ce qui conduit à des gaspillages massifs. Comme le souligne un expert, « l’IA n’est pas une ressource illimitée. Elle a un prix, et ce prix est bien plus élevé qu’on ne le pensait. »
Pour les voitures, la leçon est claire : les systèmes de sécurité doivent être repensés. Un boîtier installé pour protéger un véhicule ne devrait pas devenir une porte d’entrée pour les pirates. Pourtant, c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui, avec des millions de voitures potentiellement vulnérables.
Ces scandales montrent aussi à quel point la technologie est devenue omniprésente dans notre vie quotidienne. Que ce soit dans nos voitures, nos bureaux ou nos smartphones, nous dépendons de plus en plus de systèmes complexes, souvent mal compris et mal sécurisés. Une situation qui devrait nous inciter à la prudence, mais aussi à exiger plus de transparence et de responsabilité de la part des entreprises et des gouvernements.
QUELLE EST LA SUITE POUR LA GUERRE DE L’IA ET VOTRE SÉCURITÉ ?
La guerre technologique entre la Chine et les États-Unis ne fait que commencer, et ses conséquences pourraient toucher tout le monde. Si la Chine continue de copier les modèles américains et de les rendre accessibles gratuitement, les géants de l’IA occidentaux pourraient voir leurs profits s’effondrer. Une situation qui les obligera à innover encore plus vite, ou à accepter de partager leurs technologies.
Pour l’armée américaine, la leçon est claire : il faut apprendre à utiliser l’IA de manière plus responsable. Cela signifie mieux gérer les ressources, mais aussi repenser l’utilité réelle de ces outils. Comme le souligne un rapport, « l’IA n’est pas une solution miracle. Elle doit être utilisée à bon escient, sinon elle devient un gouffre financier. »
Enfin, pour les automobilistes, la situation est simple : vérifiez si votre voiture contient un boîtier KARR. Si c’est le cas, agissez rapidement pour corriger la faille. Sinon, prenez les mesures nécessaires pour protéger votre véhicule, car les pirates ne manquent pas d’imagination.
Une chose est sûre : la technologie ne va pas disparaître. Elle va continuer à évoluer, à se complexifier, et à devenir encore plus intégrée à notre quotidien. Mais si nous ne prenons pas les bonnes décisions aujourd’hui, nous risquons de payer le prix fort demain. Que ce soit en termes de sécurité, de finances ou même de souveraineté technologique.
Alors, prêt à vérifier votre alarme de voiture ?
- Wired AI
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