Le PDG de Flock Safety appelle au compromis entre sécurité et vie privée, alors que son entreprise est sous le feu des critiques pour ses Outils de surveillance. Mais les abus existent déjà.

LE PDG DE FLOCK SAFETY RÉCLAMENT UN COMPROMIS ENTRE SÉCURITÉ ET VIE PRIVÉE

« Le pays doit trouver un compromis entre vie privée et sécurité », déclare Garrett Langley, PDG de Flock Safety, lors d’un entretien récent avec Fox News. « Quand on ne parle que de l’un ou de l’autre, on se trompe de priorité. Notre objectif, en tant que pays, doit être ce compromis. Comment avoir notre sécurité tout en protégeant notre vie privée ? »

Ces propos interviennent alors que Flock Safety fait face à une vague de critiques croissantes concernant l’utilisation de ses technologies. Les caméras de surveillance, les drones et les systèmes de reconnaissance des plaques d’immatriculation pourraient, selon certains, être détournés de leur usage initial.

46 CAS D'ABUS DÉJÀ RÉPERTORIÉS PAR LA POLICE

Les craintes ne sont pas théoriques. Le Washington Post a identifié 46 cas où des policiers ont été accusés d’avoir utilisé la technologie Flock à des fins non autorisées. Parmi ces cas, certains impliquent le harcèlement d’ex-conjoints, de compagnes ou de petites amies.

Après avoir écouté le témoignage d’une victime présumée, Garrett Langley a déclaré à CBS News :

« Je m’excuse. Ça me tue de savoir qu’elle a dû subir ça. »

Pour autant, il refuse de faire porter la responsabilité à Flock Safety : « Je ne pense pas que Flock ait créé ces abus policiers. Je crois que nous sommes la première entreprise à avoir révélé ces problèmes et à avoir construit des outils pour les détecter. »

UNE POLÉMIQUE QUI TRAVERSE TOUTE LA POLITIQUE AMÉRICAINE

Le débat autour des données personnelles et de la surveillance automatisée touche désormais tous les bords politiques aux États-Unis. À gauche comme à droite, les critiques envers Flock Safety se multiplient.

Du côté démocrate, Abdul El-Sayed, candidat démocrate au Sénat dans le Michigan, a récemment accusé son adversaire Mike Rogers de soutenir « la prolifération massive des caméras Flock, partout, surveillant chaque geste des citoyens sans même qu’ils s’en rendent compte. »

Bernie Sanders, sénateur du Vermont, a quant à lui posté sur les réseaux sociaux :

« ARRÊTEZ LA SURVEILLANCE DE MASSE PAR IA. ARRÊTEZ FLOCK. »

À droite, trois républicains à la Chambre des représentants ont déposé un projet de loi visant à interdire au gouvernement fédéral d’acheter des systèmes de surveillance automatisée utilisant la reconnaissance faciale, les identifiants biométriques ou la reconnaissance des plaques d’immatriculation, « y compris les caméras Flock Safety ».

FLOCK SAFETY RÉPOND AVEC DES MESURES LIMITÉES

Face à la pression, Flock Safety a déjà annoncé quelques changements. Le temps de conservation par défaut des données a été réduit de 30 jours à 7 jours, et l’accès aux données nécessite désormais la saisie d’un code de dossier.

Pourtant, ces mesures restent limitées. Elles peuvent être contournées grâce à un paramètre appelé Evidence Mode, qui permet aux policiers de conserver les données plus longtemps.

L’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) a réagi à ces annonces :

« Bien que Flock n’ait pas réduit le temps de conservation par défaut à 48 heures, comme le recommande l’ACLU, cette proposition pourrait être un pas dans la bonne direction. »

L’organisation ajoute : « Que ces changements soient réels ou qu’il ne s’agisse que d’une opération de communication de Flock dépendra de la manière dont fonctionne le mode Evidence. »

LE PDG DE FLOCK SAFETY DÉFEND LES RÉGULATIONS ÉTATIQUES

Garrett Langley a déclaré que les régulateurs des États devraient « voter des lois rendant l’utilisation illégale des données Flock passible de poursuites pénales. »

Lors de son entretien avec Fox News, il a également souligné les modifications déjà apportées par son entreprise. Mais il a ajouté : « Aujourd’hui, dans Flock et dans d’autres technologies, il n’y a souvent aucune régulation. Aucune responsabilité. Et nous trouvons ça inacceptable. »

UN DÉBAT QUI NE FAIT QUE COMMENCER

Le PDG de Flock Safety sera interrogé sur ces sujets lors de sa venue au TechCrunch Disrupt en octobre. Une occasion de creuser les enjeux de la surveillance automatisée et de ses dérives.

Le débat entre sécurité et vie privée est loin d’être clos. Entre innovations technologiques et respect des libertés individuelles, la société doit trouver un équilibre.

Sources :
  • TechCrunch AI

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