L'intelligence artificielle pourrait enfin rendre les informations médicales accessibles à tous. Une étude récente montre comment elle transforme la façon dont on comprend les problèmes de peau.

POURQUOI LES PROBLÈMES DE PEAU SONT UN CASSE-TÊTE EN LIGNE

Plus de la moitié des adultes utilisent Internet pour chercher des informations sur leur santé. Parmi eux, un tiers se tournent vers l’intelligence artificielle. Pourtant, avoir accès à ces données ne signifie pas les comprendre facilement. Le problème est encore plus marqué dans le domaine de la dermatologie, qui étudie la peau, les cheveux et les ongles. Les gens ont du mal à trouver les bons mots pour décrire ce qu’ils voient sur leur corps. Par exemple, vous pouvez remarquer des « petits points rouges sur les jambes » sans savoir que cela s’appelle un « purpura palpable ».

L'IA NE REMPLACE PAS LE MÉDECIN, ELLE L'AIDE À MIEUX VOUS GUIDER

Les chercheurs de Google ont travaillé pendant des années sur des Outils d’intelligence artificielle pour la santé. Ils ont développé des modèles capables de proposer des diagnostics différentiels, c’est-à-dire une liste de maladies possibles à partir de symptômes. Ils ont aussi créé des jeux de données comme SCIN pour aider les médecins et les chercheurs. Mais le vrai défi reste d’aider les personnes qui ont des problèmes de peau à comprendre ce qui leur arrive. Pour y parvenir, il faut étudier comment les humains interagissent avec ces outils et prennent leurs décisions.

Des études précédentes ont montré que même si les gens deviennent meilleurs pour identifier une maladie grâce à Internet, ils ne savent pas toujours quoi faire ensuite. Avec l’arrivée de l’IA, il est crucial d’améliorer ces outils pour qu’ils aident vraiment les utilisateurs à prendre les bonnes décisions.

UNE ÉTUDE QUI DÉMONTRE L'EFFICACITÉ DE L'IA POUR NOMMER LES MALADIES DE PEAU

Dans une étude publiée récemment dans le journal JAMA Dermatology, les chercheurs ont testé comment un outil d’IA structurée pouvait aider les gens à identifier une maladie de peau et à décider de la suite à donner. Pour cela, ils ont présenté à 2 345 participants des cas de maladies de peau sous forme de photos et d’histoires médicales. Les participants devaient imaginer que ces cas étaient les leurs. Ils étaient divisés en trois groupes : un groupe avec accès à l’IA, un groupe témoin utilisant des outils de recherche classiques, et un groupe « Wizard of Oz » où l’IA donnait des prédictions parfaites.

Avec l’IA, 62 % des participants ont tenté de nommer la maladie contre 41 % dans le groupe témoin. La précision des réponses a été multipliée par près de trois.

Les résultats sont impressionnants : avec l’IA, les participants étaient plus de 62 % à essayer de nommer la maladie, contre seulement 41 % dans le groupe utilisant des outils de recherche classiques. Surtout, la précision des réponses a été multipliée par près de trois. Dans le groupe « Wizard of Oz », où l’IA donnait des prédictions parfaites, la précision a été multipliée par quatre, mais elle n’était toujours pas parfaite. Avoir accès à des « cartes » de maladies correspondant aux images a aussi augmenté la confiance des participants dans leurs réponses et leur satisfaction générale.

Les chercheurs ont conçu l’IA pour qu’elle se concentre sur l’appariement des images avec des maladies possibles, sans donner de diagnostic ni de traitement. L’objectif était d’aider les utilisateurs à chercher efficacement, sans leur imposer de solutions. Les informations fournies étaient rédigées par des dermatologues et basées sur des sources fiables, mais elles ne tenaient pas compte de la gravité spécifique de chaque cas.

L'IA AIDE À NOMMER LA MALADIE, MAIS PAS ENCORE À DÉCIDER DE LA SUITE

Malgré ces progrès, décider de la suite à donner reste un défi. L’étude a montré que même si la précision des réponses a légèrement augmenté dans le groupe « Wizard of Oz » (63,5 % contre 60 % dans le groupe témoin), l’IA standard n’a pas montré d’amélioration significative. De plus, les participants utilisant l’IA étaient un peu plus susceptibles de proposer une solution moins urgente que ce qu’un dermatologue aurait recommandé (30 % contre 27 %).

Cela montre que simplement identifier la maladie ne suffit pas toujours. Il reste du travail pour concevoir des outils qui informent mieux les non-experts sur les étapes les plus sûres et les plus appropriées à suivre.

CE QUE LES UTILISATEURS VEULENT VRAIMENT : DES EXEMPLES CONCRETS POUR MIEUX COMPRENDRE

Les grandes études quantitatives sont utiles pour comprendre les tendances générales, mais les chercheurs ont aussi voulu savoir comment les gens interprètent les informations quand celles-ci concernent directement leurs propres problèmes. Pour obtenir des retours plus riches et nuancés, ils ont mené une étude qualitative avec des participants issus de communautés diversifiées.

Dans une étude publiée l’année dernière dans la conférence ACM Computer-Human Interaction (CHI), les chercheurs ont collaboré avec l’équipe de recherche appliquée en IA de Stanford et le Santa Clara Family Health Plan. Ce dernier sert une communauté diversifiée, dont beaucoup dépendent de filets de sécurité sanitaire comme Medi-Cal. L’objectif était d’étudier comment des participants consentants, ayant des problèmes de peau actifs, utilisaient et réagissaient à un système d’IA dermatologique dans un cadre réel.

Pour s’assurer que l’application était adaptée à cette communauté, elle a été traduite dans les quatre langues principales parlées par les participants. Des bénévoles ou du personnel parlant ces langues étaient aussi présents pour faciliter la communication.

Dans cette étude réelle, l’utilisation de l’application a augmenté de 260 % la capacité des participants à nommer leur maladie, même si le taux de bonnes réponses restait globalement faible.

Dans cette étude réelle, 110 participants consentants ont utilisé l’application avant de consulter un clinicien pour clarifier leurs doutes. Comme dans l’étude précédente, l’utilisation de l’application a augmenté leur capacité à nommer leur maladie de 260 %, même si le taux de bonnes réponses restait globalement faible. Les participants ont surtout utilisé l’application pour faire correspondre visuellement les images de référence avec leur propre problème, soulignant l’importance d’avoir des images couvrant une large gamme de tons de peau, de gravités de maladies et de parties du corps.

Les cliniciens de l’étude ont estimé que les prédictions de l’application étaient généralement cohérentes avec leurs propres évaluations (86 %). Comme les participants pouvaient ouvrir l’application pendant la consultation, les cliniciens l’ont utilisée comme point de référence partagé pour faciliter la discussion avec les patients. Les cliniciens ont rapporté que l’application était un outil utile 92 % du temps.

CE QUE LES CHERCHEURS ONT APPRIS : LES POINTS FORTS ET LES LIMITES DE L'IA

Les études menées par les chercheurs ont révélé plusieurs points clés pour améliorer les outils d’IA dermatologique. Parmi les améliorations possibles, ils citent la nécessité de fournir plus d’exemples « types » pour guider la compréhension des utilisateurs et faciliter l’appariement visuel. Il est aussi important d’inclure des informations actionnables plus spécifiques aux requêtes réelles des utilisateurs, plutôt que de se limiter aux maladies elles-mêmes.

Les recherches utilisant des outils basés sur la similarité d’images confirment que les non-experts préfèrent une approche multimodale (combinaison d’images et de texte) pour chercher des informations sur les maladies de peau, plutôt que d’utiliser l’un ou l’autre seul.

L'INTERFACE QUI A CHANGÉ LA DONNE : COMMENT ÇA MARCHE EN PRATIQUE

Les participants à l’étude ont utilisé une interface spécialement conçue pour la recherche. Ils voyaient d’abord un cas clinique sous forme d’image et d’histoire médicale (A). Ensuite, ils avaient accès à une liste déroulante de prédictions générées par l’IA (B). En cliquant sur une maladie, ils obtenaient des informations détaillées à son sujet (C).

L’interface permettait aussi aux utilisateurs de voir des images de référence pour comparer avec leur propre problème de peau. Cette fonctionnalité a été particulièrement appréciée, car elle aidait les participants à faire correspondre visuellement leur problème avec des exemples concrets.

LES CHIFFRES CLÉS QUI MONTRNT L'IMPACT DE L'IA

Voici les résultats principaux de l’étude publiée dans JAMA Dermatology :

• 62 % des participants utilisant l’IA ont tenté de nommer la maladie, contre 41 % dans le groupe témoin.

• La précision des réponses a été multipliée par près de trois avec l’IA (23 % contre 8 % dans le groupe témoin).

• Dans le groupe « Wizard of Oz », où l’IA donnait des prédictions parfaites, la précision a été multipliée par quatre (36 %).

• Les participants utilisant l’IA avaient plus confiance en leurs réponses et étaient plus satisfaits de leurs résultats de recherche.

Ces chiffres montrent clairement que l’IA peut aider les gens à mieux comprendre les maladies de peau, même si elle ne remplace pas encore un avis médical.

POURQUOI LES IMAGES SONT SI IMPORTANTES DANS LA DERMATOLOGIE

Les participants à l’étude ont surtout utilisé l’application pour faire correspondre visuellement les images de référence avec leur propre problème de peau. Cela montre à quel point il est crucial d’avoir des images couvrant une large gamme de tons de peau, de gravités de maladies et de parties du corps. Sans ces exemples variés, les utilisateurs ont du mal à identifier correctement leur problème.

Les chercheurs soulignent que les images doivent être aussi réalistes que possible, avec des exemples de maladies à différents stades de gravité et sur différentes parties du corps. Cela permet aux utilisateurs de mieux reconnaître leur propre problème et de comprendre ce qui leur arrive.

L'IA COMME OUTIL DE DISCUSSION ENTRE PATIENT ET MÉDECIN

Une découverte surprenante de l’étude est que les cliniciens ont utilisé l’application comme un point de référence partagé pendant les consultations. Les participants pouvaient ouvrir l’application pendant leur rendez-vous avec le médecin, ce qui facilitait la discussion et permettait au clinicien de mieux expliquer le problème de peau. Les cliniciens ont rapporté que l’application était un outil utile 92 % du temps.

Cela montre que l’IA ne sert pas seulement à informer les patients, mais aussi à améliorer la communication entre patients et médecins. En ayant une référence visuelle et textuelle commune, les deux parties peuvent mieux comprendre le problème et discuter des solutions possibles.

LES DÉFIS RESTANTS : COMMENT RENDRE L'IA ENCORE PLUS UTILE

Malgré les progrès réalisés, il reste des défis à relever pour rendre l’IA encore plus utile. Par exemple, l’étude a montré que même si l’IA aide à nommer la maladie, elle n’améliore pas toujours la capacité des utilisateurs à décider de la suite à donner. Les participants utilisant l’IA étaient parfois plus susceptibles de proposer une solution moins urgente que ce qu’un dermatologue aurait recommandé.

Les chercheurs soulignent la nécessité de concevoir des outils qui informent mieux les non-experts sur les étapes les plus sûres et les plus appropriées à suivre. Cela pourrait inclure des informations plus détaillées sur les traitements disponibles, les remèdes maison, et les signes qui indiquent qu’il faut consulter un médecin en urgence.

L'IMPORTANCE DE LA PERSONNALISATION : UN OUTIL POUR CHACUN

Les études menées par les chercheurs montrent que l’IA doit être personnalisée pour répondre aux besoins spécifiques de chaque utilisateur. Cela inclut la traduction de l’application dans plusieurs langues, comme cela a été fait dans l’étude avec le Santa Clara Family Health Plan. Il est aussi important de prendre en compte les différences culturelles et socio-économiques pour s’assurer que l’outil soit accessible à tous.

Les chercheurs soulignent que la recherche centrée sur l’humain est essentielle pour concevoir des outils efficaces. Sans cette approche, il est difficile de s’assurer que l’IA réponde vraiment aux besoins des utilisateurs.

CE QUE L'AVENIR NOUS RÉSERVE : UNE NOUVELLE FAÇON DE CHERCHER DES INFOS MÉDICALES

En combinant toutes ces études, les chercheurs dessinent un avenir où chercher des informations sur les maladies de peau sera plus simple et plus efficace. L’IA pourrait offrir un point de départ visuel pour faciliter l’entrée dans la recherche d’informations. Ensuite, des conseils personnalisés pourraient aider les utilisateurs à naviguer dans les informations médicales complexes.

Cependant, pour que ces outils soient vraiment efficaces, il faut continuer à mener des recherches centrées sur l’humain. Cela permettra de s’assurer que tout le monde puisse interpréter correctement ces informations et les utiliser pour améliorer sa santé.

LES LEÇONS À RETENIR POUR LES UTILISATEURS

Si vous utilisez un outil d’IA pour comprendre un problème de peau, voici ce que vous devez garder à l’esprit :

• L’IA peut vous aider à nommer une maladie, mais elle ne remplace pas un avis médical.

• Utilisez des images de référence pour comparer avec votre propre problème. Cela vous aidera à mieux comprendre ce que vous voyez.

• N’hésitez pas à consulter un médecin pour obtenir un avis professionnel, surtout si vous n’êtes pas sûr de la gravité de votre problème.

• Choisissez un outil d’IA qui propose des informations actionnables et adaptées à votre situation.

LES LIMITES DE L'ÉTUDE : CE QU'IL FAUT GARDER EN TÊTE

Les études menées par les chercheurs ont des limites importantes. Par exemple, les participants étaient des adultes volontaires, ce qui ne représente pas toute la population. De plus, les cas de maladies de peau présentés dans l’étude étaient des exemples rétrospectifs, ce qui ne reflète pas toujours la réalité des problèmes rencontrés par les utilisateurs au quotidien.

Les chercheurs soulignent aussi que les résultats pourraient varier selon les outils d’IA utilisés et les populations cibles. Il est donc important de ne pas généraliser ces résultats à tous les outils d’IA dermatologique.

CE QUE LES CLINICIENS EN PENSENT : UN OUTIL UTILE, MAIS PAS PARFAIT

Les cliniciens qui ont participé à l’étude ont trouvé que l’application était un outil utile dans 92 % des cas. Ils ont estimé que les prédictions de l’IA étaient généralement cohérentes avec leurs propres évaluations (86 %). Cependant, ils ont aussi souligné que l’application ne remplaçait pas leur expertise et leur expérience.

Les cliniciens ont apprécié que l’application serve de point de référence partagé pendant les consultations. Cela a facilité la discussion avec les patients et leur a permis d’expliquer plus clairement les problèmes de peau. Cependant, ils ont aussi noté que l’application ne fournissait pas toujours des informations suffisamment détaillées ou personnalisées pour répondre aux besoins spécifiques de chaque patient.

COMMENT L'IA PEUT DEVENIR UNE RÉVOLUTION POUR LA SANTÉ

Les études menées par les chercheurs montrent que l’IA a le potentiel de devenir une révolution pour la santé, surtout dans des domaines comme la dermatologie. En rendant les informations médicales plus accessibles et plus compréhensibles, l’IA pourrait aider des millions de personnes à mieux prendre soin de leur santé.

Cependant, pour que cette révolution ait lieu, il faut continuer à mener des recherches et à améliorer les outils. Les chercheurs soulignent l’importance de la recherche centrée sur l’humain pour s’assurer que ces outils répondent vraiment aux besoins des utilisateurs.

CE QUE LES UTILISATEURS DOIVENT SAVOIR AVANT D'UTILISER UN OUTIL D'IA DERMATOLOGIQUE

Si vous envisagez d’utiliser un outil d’IA pour comprendre un problème de peau, voici ce que vous devez savoir :

• L’IA ne remplace pas un avis médical. Elle peut vous donner des pistes, mais elle ne peut pas diagnostiquer ou prescrire un traitement.

• Vérifiez que l’outil utilise des images variées, couvrant différents tons de peau et gravités de maladies. Cela vous aidera à mieux reconnaître votre problème.

• Privilégiez les outils qui fournissent des informations actionnables et adaptées à votre situation. Évitez les outils qui se contentent de donner des informations générales.

• N’hésitez pas à consulter un médecin si vous avez un doute ou si votre problème de peau semble grave.

LES PROCHAINES ÉTAPES POUR LES CHERCHEURS

Les chercheurs ont plusieurs pistes pour améliorer les outils d’IA dermatologique. Parmi elles :

• Développer des outils qui fournissent des informations plus personnalisées, en tenant compte de la gravité spécifique de chaque cas.

• Améliorer la précision des prédictions de l’IA pour qu’elles soient plus proches de celles d’un dermatologue.

• Étudier comment l’IA peut aider les utilisateurs à décider de la suite à donner, en fournissant des informations plus détaillées sur les traitements et les signes d’urgence.

• Continuer à mener des recherches centrées sur l’humain pour s’assurer que les outils répondent aux besoins des utilisateurs.

EN CONCLUSION : L'IA PEUT VOUS AIDER, MAIS RESTEZ PRUDENT

Les études menées par les chercheurs montrent que l’intelligence artificielle a le potentiel de transformer la façon dont les gens comprennent les problèmes de peau. Elle peut les aider à nommer une maladie, à mieux comprendre ce qui leur arrive, et même à faciliter la discussion avec leur médecin. Cependant, elle ne remplace pas un avis médical et ne doit pas être utilisée comme tel.

Pour que l’IA soit vraiment utile, il faut continuer à l’améliorer et à la personnaliser. Les chercheurs soulignent l’importance de la recherche centrée sur l’humain pour s’assurer que ces outils répondent aux besoins de tous. En attendant, restez prudent et n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé si vous avez un doute.

Sources :
  • Google Research

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