Un incendie en Espagne a mis en péril les communications entre la Terre et les sondes spatiales de la NASA. Retour sur cet événement critique.
UN INCENDIE DÉVASTATEUR RISQUE DE TOUCHER UN CENTRE CLÉ DE LA NASA
Un feu de forêt, l’un des nombreux qui ravagent actuellement l’Espagne, s’est approché vendredi du complexe de communications de l’espace lointain de Madrid. La situation a forcé l’évacuation du site et la suspension temporaire des opérations, menaçant l’un des centres de suivi les plus importants de la NASA.
LE CŒUR DES COMMUNICATIONS AVEC L’ESPACE PROFOND MENACÉ
Ce centre fait partie du réseau Deep Space Network (DSN) de la NASA, qui travaille en coordination avec deux autres installations similaires situées en Californie et en Australie. Ensemble, ils assurent une couverture mondiale en suivant les planètes, les étoiles et les sondes spatiales au fur et à mesure que la rotation de la Terre les fait apparaître ou disparaître dans le ciel. Le réseau prend en charge plus de 40 missions, allant de la Lune aux confins du système solaire, dont Artemis, le télescope James Webb et les deux sondes Voyager de la NASA.
UNE COURSE CONTRE LA MONTRE POUR ÉVITER LA CATASTROPHE
Un porte-parole de la NASA a confirmé que le centre espagnol, situé dans les collines à près de 65 kilomètres à l’ouest de Madrid, avait été évacué vendredi « en raison des incendies en cours dans la région ». Des photos et vidéos prises sur place montraient des flammes et des panaches de fumée s’élevant au-dessus des antennes du site. Le complexe abrite notamment une gigantesque antenne parabolique de 70 mètres de diamètre et plusieurs autres antennes plus petites de 34 mètres.
Le réseau Deep Space Network est géré par la division Communications et Navigation Spatiales de la NASA et par le Jet Propulsion Laboratory. Les responsables de l’agence surveillent en permanence les incendies dans la région madrilène en coordination avec les autorités locales et l’ambassade des États-Unis.
LA NASA BASCULE VERS UN AUTRE CENTRE POUR SAUVER LES MISSIONS
Pendant ce temps, l’agence a réussi à transférer sans interruption le soutien aux opérations des missions vers le complexe de communications de l’espace lointain de Goldstone, en Californie. Cette transition a permis d’assurer la continuité du service et de maintenir les communications avec les sondes spatiales sans interruption.
La NASA fonctionne généralement selon un modèle appelé « suivre le Soleil ». Dans ce système, les centres de contrôle situés en Australie, en Californie et en Espagne peuvent opérer à distance l’ensemble du réseau pendant leurs heures de jour locales. Les antennes de chaque site fonctionnent quant à elles 24 heures sur 24.
LE SITE DE MADRID À L’ARRÊT, LES AUTRES CONTINUENT
Un site web de la NASA affichant les mises à jour en temps réel de chaque complexe du DSN indiquait qu’aucune activité n’était enregistrée sur le site madrilène vendredi après-midi. Pendant ce temps, les antennes des sites californien et australien communiquaient avec plusieurs sondes spatiales de la NASA, comme Voyager 2 et Juno, respectivement en exploration de l’espace interstellaire et en orbite autour de Jupiter.
UN AUTRE CENTRE EUROPÉEN ÉVACUÉ À CAUSE DES FEUX
Un centre de suivi de l’espace lointain distinct, appartenant au gouvernement espagnol et à l’Agence spatiale européenne (ESA), a également été évacué en raison des incendies, selon des rapports de presse espagnols. La station de Cebreros, qui fait partie du réseau Estrack de l’ESA, se trouve à quelques kilomètres seulement du site du DSN de la NASA.
PLUS DE 19 000 PERSONNES ÉVACUÉES EN ESPAGNE
L’agence Reuters a rapporté vendredi que les autorités espagnoles avaient ordonné l’évacuation de plus de 19 000 personnes dans des villes situées dans les montagnes à l’ouest de Madrid. Plus de 2 000 personnels et 10 avions ont été mobilisés pour combattre les incendies. Une vague de chaleur estivale et des conditions de sécheresse chronique ont rendu le territoire particulièrement vulnérable aux feux de forêt, non seulement en Espagne mais aussi en France.
LE RÉSEAU DSN À UN SEUL ANTENNE OPÉRATIONNELLE
Sans le site de Madrid, le réseau Deep Space Network ne dispose plus que d’une seule antenne parabolique opérationnelle de 70 mètres, située en Australie. L’antenne de 70 mètres en Californie est hors service depuis l’année dernière à la suite d’un accident ayant « trop fait tourner » la structure. L’incident a endommagé des câbles et des conduites d’eau, inondant la base de l’antenne avec 200 000 gallons d’eau contenant du glycol, un produit dangereux pour l’environnement.
Les coûts de nettoyage et de réparation sont estimés entre 4,1 et 4,6 millions de dollars. Les responsables de la NASA combinent ces réparations avec des mises à niveau déjà prévues. Les travaux devraient maintenir l’antenne hors service jusqu’en 2028 au moins.
LES MISSIONS SPATIALES PAS ENCORE TOUCHÉES
La bonne nouvelle pour le DSN est que la prochaine mission Artemis vers la Lune n’est pas prévue avant au moins deux ans. Les missions Artemis génèrent une forte demande sur le réseau, nécessitant des capacités supplémentaires de télémétrie et de transmission d’images pour soutenir les vols habités. La mission Artemis III décollera désormais en orbite basse terrestre pour tester la capsule Orion avec des atterrisseurs lunaires commerciaux de SpaceX et Blue Origin. Artemis IV, première mission du programme prévue pour faire atterrir des astronautes sur la Lune, est désormais programmée pour une date au plus tôt en 2028.
- Ars Technica
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