Le pape Leo XIV publie une encyclique de 200 pages qui utilise l’IA comme prétexte pour dénoncer la concentration du pouvoir entre les mains d’une minorité. Son message vise bien plus large que la technologie.
UNE ENCYCLIQUE QUI DÉBORDE DE L'IA
Le pape Leo XIV a publié lundi sa première encyclique, intitulée Magnifica Humanitas. Le titre promet une réflexion sur l’intelligence artificielle : « préserver la personne humaine à l’ère de l’IA ». Pourtant, le texte ne parle pas vraiment de technologie. Derrière ce mot-clé, le souverain pontife cible des problèmes bien plus anciens : les inégalités, les guerres, l’érosion de la démocratie et la concentration du pouvoir entre les mains de ceux qui ne se soucient guère de l’humanité.
LA TECHNOLOGIE AU SERVICE D'UNE MINORITÉ
Sur les 200 pages de l’encyclique, le pape Leo XIV, accompagné de Chris Olah, cofondateur de l’entreprise d’IA Anthropic, martèle une idée simple : une technologie conçue et contrôlée par une petite élite ne peut pas, par définition, servir l’intérêt général. « Quand un tel pouvoir est concentré entre les mains de quelques-uns, il devient opaque et échappe au contrôle public, augmentant les risques de dérives qui génèrent de nouvelles dépendances, exclusions, manipulations et inégalités », écrit-il.
L'IA, UN AMPLIFICATEUR D'INÉGALITÉS
Le texte souligne que chaque grande révolution technologique amplifie le pouvoir de ceux qui possèdent déjà des ressources économiques, une expertise et un accès aux données. Les élites peuvent ainsi façonner les informations, influencer les choix de consommation, manipuler les processus démocratiques et orienter les dynamiques économiques à leur avantage. « L’IA n’échappe pas à cette règle », insiste l’encyclique.
UNE RÉPONSE À L'ORDRE EXÉCUTIF DE TRUMP
L’encyclique est publiée quelques jours après que le président Donald Trump a reporté la signature de son ordre exécutif sur l’IA. Ce texte aurait permis au gouvernement de superviser les nouveaux modèles avant leur sortie, sous la pression, selon les rumeurs, d’un investisseur en capital-risque et ancien conseiller à la Maison-Blanche spécialisé dans l’IA, David Sacks.
DES CRITÈRES CLAIRS ET UN CONTRÔLE PARTICIPATIF
Le pape Leo XIV exige que l’IA soit guidée par des critères précis et un contrôle efficace, fondé sur la participation des communautés concernées. Concrètement, il appelle à mettre fin à la course aux armements en IA — cette compétition effrénée pour concevoir des algorithmes toujours plus puissants et des jeux de données toujours plus vastes, que les entreprises et les États considèrent comme un moyen de « garantir une domination géopolitique ou commerciale ».
LA PUISSANCE DE L'IA AGGRAVE LES ENJEUX
Le pape conclut sur un constat partagé par beaucoup : les capacités surréalistes de l’IA d’aujourd’hui rendent les enjeux encore plus critiques. Paolo Carozza, professeur à la faculté de droit de l’université de Notre-Dame et membre de l’Académie pontificale des sciences sociales, explique que les fausses informations et les deepfakes générés par l’IA ont « corrodé notre capacité à distinguer le vrai du faux, ce qui a des conséquences majeures sur la politique démocratique ».
LA MANIPULATION DES DONNÉES, UNE MENACE POUR LA LIBERTÉ
Selon lui, la pratique de l’industrie technologique consistant à « récolter et manipuler » les données humaines pose « des défis fondamentaux à la liberté cognitive ». Autrement dit, quand une poignée de personnes contrôle les flux d’information, c’est toute notre capacité à penser librement qui est menacée.
L'ENCYCLIQUE QUI FAIT TREMBLER LA SILICON VALLEY
Ce texte de 200 pages, publié en collaboration avec un acteur majeur de l’IA, envoie un signal fort : la concentration du pouvoir technologique n’est plus un sujet réservé aux débats techniques. Elle devient une question morale et politique centrale. Les dirigeants des géants de la tech, habitués à décider seuls des règles du jeu, voient leur modèle remis en cause.
UN APPEL À RÉINVENTER LA GOUVERNANCE DE L'IA
Le pape Leo XIV ne propose pas de solutions toutes faites. Il appelle à une refonte profonde : plus de transparence, plus de participation citoyenne, et surtout, une remise en question de l’idée que le progrès technique justifie à lui seul le contrôle des outils par une minorité. Son message est clair : l’IA doit servir l’humanité, pas l’inverse.
UN TEXTE QUI RÉSONNE DANS UN MONDE EN CRISE
Publié à un moment où les inégalités sociales explosent, où les démocraties vacillent sous les coups de la désinformation et où les géants technologiques accumulent un pouvoir sans précédent, cette encyclique résonne comme un avertissement. Elle rappelle que la technologie, aussi puissante soit-elle, ne doit pas devenir une arme entre les mains d’une élite. Le vrai défi, souligne le pape, est de s’assurer que l’IA reste un outil au service de tous, et non un privilège pour quelques-uns.
- TechCrunch AI
L'indépendance de CLODCO est votre garantie.
Pour que l'actualité de l'IA reste sans filtre et sans concession, votre soutien est indispensable. Votre contribution est le seul moteur de notre liberté éditoriale.
Soutenir CLODCO


