Une publicité Meta sur l'IA utilise un morceau de David Bowie qui décrit la fin de l'humanité. Une erreur de casting qui en dit long sur les choix de communication des géants tech.

UNE PUB QUI COMMENCE SUR UN REGARD PANIQUÉ

La dernière publicité de Meta s’ouvre sur un plan en noir et blanc : un œil fixe qui scrute des titres de journaux paniqués. On y lit des messages alarmistes sur l’intelligence artificielle qui va voler nos emplois, nous isoler et déclencher une crise mondiale. « Certains vous feront croire que l’IA va nous rendre moins humains », annonce une voix off grave. « Nous ne sommes pas du tout d’accord », ajoute-t-elle avec une pointe de défi.

LE VIRAGE OPTIMISTE QUI DÉTONNE

Soudain, l’image bascule en couleur. Des visages souriants s’illuminent, comme si on venait d’appuyer sur un interrupteur. Une séquence montre des adolescents nageant dans un lac, un couple dansant sur un toit en pointant un arc-en-ciel, un enfant courant dans un champ, des amis s’étreignant après une longue séparation. « Appelez-nous des optimistes, des rêveurs, peu importe », déclare la voix off. « Mais nous misons sur les humains, et nous aimons ces chances ». Le message est clair : « L’avenir est pour tout le monde ».

La vidéo promet un monde meilleur grâce à l’IA… sur une chanson qui parle de l’apocalypse.

LA CHANSON QUI TOUT DÉTRUIT

Si vous ne connaissez pas ce morceau, écoutez-le. Lisez les paroles. Et demandez-vous ce qu’il raconte vraiment. Pour en avoir le cœur net, l’auteure de l’article a mené une expérience : elle a demandé à son frère, analyste en blockchain et grand fan de Claude Code, de lui expliquer le thème du morceau. « Au début, j’ai pensé au changement climatique, puis à une apocalypse zombie, puis à un astéroïde qui frappe la Terre », a-t-il répondu. Il avait raison. Ce morceau de David Bowie parle de l’humanité découvrant qu’elle n’a plus que cinq ans à vivre avant une extinction massive.

Pour ceux qui ne connaissent pas Bowie, ce passage peut sembler joyeux et inspirant, en phase avec le ton enjoué de la pub. La partie choisie pour l’annonce utilise le mot « gens » à répétition, sans que le contexte ne révèle sa véritable signification. Pourtant, les paroles qui précèdent immédiatement ce passage sont sans ambiguïté : « Les nouvelles nous annonçaient que nous n’avions plus que cinq ans pour pleurer » et « le présentateur pleurait tellement que son visage était trempé ». « Puis j’ai su qu’il ne mentait pas ».

UNE CONTRADICTION QUI PASSE INAPERÇUE

Convaincre le public que l’IA va rendre le monde meilleur en utilisant une chanson sur la fin du monde : voilà une idée qui semble… contradictoire. Pourtant, cette incohérence a visiblement échappé à toute l’équipe de Meta, y compris au PDG Mark Zuckerberg. Dans un message publié en même temps que la vidéo, il a écrit : « Meta a toujours cru en donnant aux gens le pouvoir de partager, de se connecter et de façonner le monde comme ils le souhaitent ». Il ajoute : « Alors que nous entrons dans cette nouvelle ère avec l’IA, nous continuons de croire que l’avenir est pour tout le monde ». Pour lui, « l’accent est mis sur l’équipement de chaque personne pour qu’elle atteigne son plein potentiel » et sur « la distribution équitable des bénéfices de la technologie ».

Zuckerberg promet un avenir radieux… sur une bande-son apocalyptique.

LES GÉANTS DE LA TECH : DES AVEUGLES LITTÉRAIRES

Les dirigeants de la tech ne brillent pas par leur sens de l’analyse littéraire. Preuve en est : le manuel distribué aux nouveaux employés d’Oculus était le roman de science-fiction « Ready Player One », une dystopie où une entreprise technologique devient toute-puissante et maléfique. Le PDG d’OpenAI, Sam Altman, a lui-même cité le film « Her » comme source d’inspiration, une œuvre qui met en garde contre les dérives de l’IA dans le soutien émotionnel. Quant à Palantir, son nom vient des « pierres de vision » de « Le Seigneur des Anneaux », utilisées par le Seigneur des Ténèbres pour espionner ses ennemis. Elon Musk, lui, s’est récemment énervé contre l’« exactitude » de l’adaptation cinématographique de « L’Odyssée » par Christopher Nolan, un film pourtant truffé de monstres marins, de magie et d’interventions divines. Autant d’exemples qui plaident pour l’importance des humanités.

LA PUB QUI DÉCRIT L’ENFER… ET VEUT NOUS LE VENDRE

Meta n’est pas la seule entreprise à se tromper dans ses campagnes. Les géants de l’IA semblent plutôt en compétition pour créer les publicités les plus angoissantes. Il y a quelques semaines, Anthropic a diffusé une vidéo tout aussi glaçante. Comme l’a décrit un collègue : « La pub commence par une maison en feu » — un début peu chaleureux — avant de enchaîner sur des images fixes : une foule surveillée par la reconnaissance faciale, un sans-abri dormant dans la rue, des rangées de tombes dans un cimetière, et ce qui ressemble à des ouvriers creusant une mine pour extraire les matières premières des smartphones.

Pendant ce temps, une voix off pose des questions comme « Peut-on faire confiance à l’IA ? » ou « Qui va freiner la machine si c’est nécessaire ? ». Anthropic tente de convaincre que l’entreprise comprend les risques de l’IA pour la société, et donc qu’elle est la mieux placée pour la développer de manière responsable. Pourtant, le message qui ressort ressemble étrangement à l’ambiance de « Five Years » de Bowie.

Anthropic mise sur la peur pour vendre sa prudence… mais son message fait froid dans le dos.

LES PDG DE LA TECH RÉPONDENT… EN SE MOQUANT

Sam Altman, le patron d’OpenAI, n’a pas manqué de réagir à cette publicité d’Anthropic. « Je pensais que c’était de la satire, j’attendais que le pseudo soit écrit c1audeai ou quelque chose comme ça », a-t-il tweeté. Alors que ces entreprises se battent pour contrôler l’image de l’IA auprès du public, leurs efforts ne semblent pas porter leurs fruits. Un récent sondage de Pew Research révèle que seulement 16 % des Américains pensent que l’impact de l’IA sur la société sera positif dans les vingt prochaines années. Pire encore : 40 % estiment qu’il sera négatif. Une belle occasion manquée pour Meta.

LE PROBLÈME ? LES DIRIGEANTS NE LISENT PAS

Les dirigeants de la tech ont beau citer des œuvres de science-fiction ou des films, leurs choix de communication trahissent un manque criant de culture générale. Quand une entreprise comme Meta associe une chanson sur l’apocalypse à une pub sur l’IA, c’est le signe d’un décalage entre leurs discours et la réalité. Les humanités ne sont pas un luxe : elles permettent de comprendre les conséquences de ses actes. Sans elles, les géants de la tech risquent de répéter les mêmes erreurs, encore et encore.

Quand la tech cite la dystopie… mais ne comprend pas la dystopie.

UNE TENDANCE DANGEREUSE : LA PUB QUI FAIT PEUR

Plutôt que de se concentrer sur la construction d’une AGI (une intelligence artificielle générale), les entreprises leaders de l’IA semblent obsédées par une autre course : celle du marketing le plus angoissant. Entre les images de maisons en feu, de tombes alignées et de foules surveillées, les publicités des géants tech ressemblent de plus en plus à des avertissements. Pourtant, ces messages ne rassurent pas : ils inquiètent. Et c’est bien là le problème. Quand une entreprise comme Anthropic utilise la peur pour vendre sa prudence, elle envoie un signal contradictoire. « On comprend les risques, donc faites-nous confiance » : le message est brouillé.

LE PUBLIC N’Y CROIT PLUS

Les chiffres sont sans appel. Selon une enquête récente, seuls 16 % des Américains pensent que l’IA aura un impact positif sur la société d’ici vingt ans. À l’inverse, 40 % anticipent un impact négatif. Ces résultats montrent que les campagnes de communication des géants de la tech ne parviennent pas à inverser la tendance. Pire : elles pourraient même renforcer la méfiance du public. Quand une entreprise comme Meta associe une chanson sur la fin du monde à une pub sur l’IA, elle envoie un message confus. « L’IA va tout changer pour le mieux », clame la vidéo. « Mais attention, l’humanité n’a plus que cinq ans », murmure la bande-son en arrière-plan.

LES HUMAINS, DERNIERS REMÈDES D’UN MONDE EN CRISE

Malgré tout, Meta persiste et signe. Dans son message accompagnant la vidéo, Zuckerberg insiste sur l’idée que « l’avenir est pour tout le monde » et que l’entreprise se concentre sur « l’équipement de chaque personne pour atteindre son plein potentiel ». Pourtant, le choix de la chanson en dit long sur la vision de l’entreprise. Pour Meta, l’IA n’est pas une menace, mais une solution. Une solution qui doit être adoptée par tous, sans exception. Le problème ? Le public n’est pas dupe. Quand une entreprise mise sur l’optimisme mais choisit une bande-son apocalyptique, elle envoie un message contradictoire. Et dans un monde où la méfiance envers la tech grandit, ces erreurs de communication peuvent coûter cher.

LA TECH NOUS PREND POUR DES IDIOTS ?

Les dirigeants de la tech aiment citer des œuvres de science-fiction pour justifier leurs choix. Pourtant, leurs actions trahissent souvent une méconnaissance flagrante des messages qu’ils prétendent défendre. Quand une entreprise comme Oculus distribue « Ready Player One » à ses nouveaux employés, elle oublie que le roman décrit une dystopie où une entreprise technologique devient toute-puissante et maléfique. Quand Sam Altman cite « Her » comme inspiration, il ignore que le film met en garde contre les dérives de l’IA dans le soutien émotionnel. Quand Palantir choisit son nom en référence à « Le Seigneur des Anneaux », il oublie que les pierres de vision sont utilisées pour espionner et contrôler. Ces exemples montrent que les dirigeants de la tech citent la culture… mais ne la comprennent pas. Ils prennent les humains pour des idiots, capables d’avaler n’importe quel message, même contradictoire, du moment qu’il est porté par une belle image et une musique entraînante.

La tech cite la dystopie… mais ne comprend pas la dystopie.

UNE PUB QUI RÉVÈLE LES FAILLES DE LA COMMUNICATION TECH

Cette publicité de Meta n’est pas un simple raté. C’est un symptôme d’un problème plus large : l’incapacité des géants de la tech à communiquer de manière cohérente et crédible sur l’IA. Entre les promesses d’un avenir radieux et les choix artistiques qui évoquent la fin du monde, il y a un fossé. Un fossé que le public ne manque pas de remarquer. Quand une entreprise comme Anthropic diffuse une pub avec des images de maisons en feu et de tombes, elle envoie un message clair : « L’IA est dangereuse ». Pourtant, elle prétend être la solution. Quand Meta utilise une chanson sur l’apocalypse pour vendre l’IA, elle envoie un message tout aussi clair : « L’IA va tout changer… mais attention, le monde est en train de mourir ». Ces contradictions ne passent pas inaperçues. Elles alimentent la méfiance et renforcent l’idée que les géants de la tech ne savent pas où ils vont.

QUELLE SOLUTION POUR LA TECH ?

Si les dirigeants de la tech veulent regagner la confiance du public, ils doivent commencer par comprendre les messages qu’ils citent. Ils doivent aussi éviter de mélanger les genres. Une publicité sur l’IA ne peut pas être à la fois optimiste et apocalyptique. Une entreprise ne peut pas prétendre vouloir le bien de l’humanité tout en choisissant des images et des musiques qui évoquent la fin du monde. La solution ? Une communication plus transparente, plus cohérente, et surtout, plus humaine. Les dirigeants doivent lire, étudier, comprendre. Ils doivent aussi écouter le public, et non pas seulement les algorithmes. Car au final, c’est l’humain qui doit rester au centre de leurs préoccupations. Pas la technologie.

LE PUBLIC N’EST PAS DUPE

Les sondages le prouvent : le public n’est pas dupe. Les campagnes des géants de la tech ne parviennent pas à le convaincre. Pire, elles alimentent la méfiance. Quand une entreprise comme Meta associe une chanson sur la fin du monde à une pub sur l’IA, elle envoie un message confus. Quand Anthropic diffuse des images de tombes et de maisons en feu, elle envoie un message angoissant. Ces choix ne rassurent pas. Ils inquiètent. Et c’est bien là le problème. Les géants de la tech doivent comprendre que leurs erreurs de communication ont un coût. Un coût en termes de confiance, de crédibilité, et surtout, de soutien du public. Sans ce soutien, leurs projets les plus ambitieux risquent de rester lettre morte.

L’AVENIR DE L’IA SE JOUE-T-IL SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX ?

L’IA est en train de devenir un sujet central dans le débat public. Les géants de la tech en ont bien conscience. Pourtant, leurs campagnes de communication ne reflètent pas cette prise de conscience. Au lieu de rassurer, elles alimentent la peur. Au lieu de convaincre, elles divisent. L’avenir de l’IA ne se jouera pas seulement dans les laboratoires ou les centres de données. Il se jouera aussi sur les réseaux sociaux, dans les médias, et dans l’esprit du public. Si les entreprises veulent que l’IA soit perçue comme une force positive, elles doivent commencer par communiquer de manière claire, cohérente, et surtout, humaine. Sans cela, elles risquent de perdre la bataille de l’opinion avant même d’avoir commencé.

CONCLUSION : LA TECH DOIT CHANGER DE MÉLODIE

Meta a voulu nous vendre un avenir radieux avec l’IA. Le problème ? Elle a choisi une chanson qui parle de la fin du monde. Une erreur de casting qui en dit long sur les failles de la communication des géants tech. Anthropic, de son côté, a diffusé une pub angoissante pour promouvoir sa prudence. Un message contradictoire qui ne rassure personne. Ces exemples montrent que les entreprises de la tech ont encore beaucoup à apprendre. Elles doivent comprendre que leurs choix artistiques et musicaux ont un sens. Elles doivent aussi réaliser que le public n’est pas dupe. Si elles veulent regagner sa confiance, elles doivent changer de mélodie. Littéralement.

La tech doit arrêter de jouer avec le feu… et avec les mots.
Sources :
  • TechCrunch AI

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