Un policier américain a détourné une technologie de surveillance pour traquer son ex et un collègue. Retour sur l’affaire qui révèle les dangers de Flock Safety.
UN POLICIER D'ATLANTA A DÉTOURNÉ UN OUTIL DE SURVEILLANCE
Dustin Bozzo, policier en banlieue d’Atlanta, a utilisé à 56 reprises entre mars et mai un système de lecture automatique des plaques d’immatriculation (ALPR) fourni par Flock Safety pour traquer son ex, elle aussi policière. Une relation interdite par le règlement de la ville a conduit à une enquête interne et à sa démission forcée.
Le système Flock Safety permet de localiser en temps réel les véhicules grâce à un réseau de caméras intelligentes. Mais dans ce cas précis, il a servi à surveiller des proches, et non à lutter contre la criminalité. Une utilisation détournée qui illustre les risques de ces technologies entre les mains de professionnels censés protéger.
UNE RELATION INTERDITE QUI A DÉBUTÉ EN 2025
Les documents internes de la police d’Alpharetta révèlent que Dustin Bozzo et son ex ont eu une liaison qui a commencé fin 2025. Leur relation, interdite par le règlement de la ville qui interdit les relations amoureuses entre collègues, a été découverte par plusieurs témoins au sein du commissariat.
Plusieurs collègues ont rapporté avoir vu les deux policiers passer du temps ensemble en service, alors qu’ils auraient dû être en patrouille. Un sergent a même témoigné avoir surpris le couple en train de se retrouver dans un parc isolé à 2h30 du matin, alors que Bozzo était en service mais pas son ex.
Les deux policiers ont nié toute relation en service, mais ont reconnu avoir eu des rapports intimes. Leur rupture, survenue quelques mois plus tard, a marqué le début des recherches suspectes.
DES RECHERCHES SUR LES PLAQUES POUR JUSTIFIER UNE SURVEILLANCE
Dès le mois de mars, Bozzo a commencé à utiliser Flock Safety pour rechercher la plaque d’immatriculation de son ex. Il a justifié ces recherches en sélectionnant systématiquement les catégories « Personne recherchée » ou « Infraction routière » dans le système, comme le montrent les logs d’audit consultés par les enquêteurs.
Interrogé sur cette pratique, Bozzo a expliqué aux enquêteurs que c’était simplement « un raccourci clavier ». Pourtant, ses motivations semblaient plus personnelles : il affirmait vouloir s’assurer que son ex rentrait bien chez elle tard le soir, après avoir appris qu’elle conduisait souvent la nuit.
Il a ensuite étendu ses recherches à la plaque de l’oncle de son ex, après avoir appris qu’elle avait eu un accident et empruntait régulièrement sa voiture. Entre le 5 et le 14 avril, il a effectué 18 recherches sur ce véhicule.
UNE SURPRISE QUI A MENÉ À UNE NOUVELLE CIBLE
En analysant les résultats des recherches, Bozzo a remarqué qu’un autre véhicule était souvent proche de celui de son ex. Ce véhicule appartenait à un policier d’Alpharetta, récemment transféré d’un autre commissariat. Intrigué, il a commencé à rechercher systématiquement la plaque de ce collègue.
Bozzo a prétendu ne pas être motivé par la jalousie, mais il connaissait personnellement ce policier : les deux hommes avaient aidé ce collègue lors de son déménagement. Pourtant, les motivations réelles de ces recherches restent floues.
Son ex et le policier concerné ont tous deux affirmé aux enquêteurs que leurs relations avec Bozzo étaient strictement professionnelles et amicales. Aucun indice ne laisse penser à une relation romantique entre eux.
UNE AFFAIRE QUI A FAIT L'OBJET D'UNE ENQUÊTE INTERNE
Le 20 juillet, Dustin Bozzo a été placé en congé administratif payé après que l’enquête interne a révélé ces abus. Il a finalement démissionné le 5 août, selon le lieutenant Jason Hiott de la police d’Alpharetta.
Une « enquête criminelle en cours » est menée par la division des investigations criminelles du commissariat. Le chef de la police, Trent Lindgren, a déclaré que l’enquête serait bientôt terminée et que le département se tient à un « haut niveau d’exigence » en matière d’éthique.
Flock Safety n’a pas répondu aux demandes de commentaires sur cette affaire.
45 CAS DE DÉTOURNEMENT DE FLICK SAFETY DÉJÀ RECENSÉS AUX ÉTATS-UNIS
Ce cas n’est pas isolé. Aux États-Unis, au moins 45 incidents documentés montrent que des policiers ont utilisé Flock Safety pour traquer des partenaires actuels ou passés. Cette technologie, conçue pour lutter contre la criminalité, est parfois détournée à des fins personnelles.
Dans le monde civil, une rupture peut pousser à espionner son ex via les réseaux sociaux. Mais dans le milieu policier, les agents ont accès à des Outils bien plus puissants et invasifs, comme Flock Safety, qui permet de suivre les déplacements de n’importe quel véhicule en temps réel.
Cette affaire rappelle que même avec les meilleures intentions, l’accès à des outils de surveillance peut rapidement basculer dans l’abus, surtout quand les émotions entrent en jeu.
UNE RELATION QUI A DÉBORDÉ SUR LE TRAVAIL
Les documents internes révèlent que Bozzo et son ex ont eu une liaison qui a duré environ un mois, selon ses dires. Son ex, en revanche, affirme que la relation a duré plusieurs mois et qu’elle en a elle-même initié la fin.
Les deux parties ont assuré que leur rupture s’était bien passée, mais les tensions au travail étaient palpables. Plusieurs collègues ont rapporté avoir vu les deux policiers passer du temps ensemble en service, alors qu’ils auraient dû être en patrouille.
Ces comportements ont conduit le département à les séparer et à leur remettre une directive écrite sur les « interactions acceptables au travail ». Pourtant, ils auraient continué leur relation en secret, selon un sergent qui les a vus se retrouver dans un parc isolé à 2h30 du matin.
UNE JUSTIFICATION QUI NE TIENT PAS LA ROUTE
Bozzo a affirmé aux enquêteurs qu’il n’avait pas l’intention d’intimider ou de nuire à son ex ou à son collègue. Pourtant, ses actions racontent une autre histoire. En sélectionnant systématiquement les catégories « Personne recherchée » ou « Infraction routière », il a contourné les garde-fous du système pour justifier ses recherches personnelles.
Interrogé sur cette pratique, il a répondu que c’était simplement « un raccourci clavier ». Une explication qui n’a pas convaincu les enquêteurs, pour qui l’utilisation de Flock Safety était « incompatible avec la politique du département et l’usage autorisé du système », quelle que soit la motivation invoquée.
UN SYSTÈME DE SURVEILLANCE QUI PEUT ÊTRE DÉTOURNÉ
Flock Safety est un outil de surveillance puissant, conçu pour aider les forces de l’ordre à localiser des véhicules impliqués dans des activités criminelles. Mais comme tout outil puissant, il peut être détourné de son usage prévu.
Avec un accès instantané à des milliers de caméras et à une base de données de plaques d’immatriculation, les policiers ont un pouvoir de surveillance sans précédent. Pourtant, cette affaire montre que même les professionnels les mieux formés peuvent succomber à la tentation d’utiliser ces outils à des fins personnelles.
Le cas de Dustin Bozzo n’est qu’un exemple parmi d’autres de détournement de technologies de surveillance. Il rappelle que la confiance accordée aux forces de l’ordre doit s’accompagner de contrôles stricts pour éviter les abus.
UNE ENQUÊTE QUI POURRAIT AVOIR DES RÉPERCUSSIONS
L’enquête interne est toujours en cours, et une « enquête criminelle » est menée en parallèle. Les résultats pourraient avoir des conséquences bien au-delà du cas de Dustin Bozzo.
Si des preuves de malveillance ou d’intention de nuire sont établies, les sanctions pourraient être lourdes. Mais même en l’absence de mauvaise foi, l’utilisation abusive de Flock Safety reste une violation grave des règles déontologiques.
Cette affaire pose une question essentielle : comment garantir que les outils de surveillance, conçus pour protéger, ne deviennent pas des armes entre les mains de ceux qui devraient les utiliser avec rigueur ?
CE QUE DIT LA POLICE D'ALPHARETTA
Le chef de la police d’Alpharetta, Trent Lindgren, a déclaré que le département se tient à un « haut niveau d’exigence » en matière d’éthique. Il a ajouté que des mesures immédiates avaient été prises dès que le détournement avait été identifié.
L’enquête devrait être terminée rapidement, selon ses déclarations. Pourtant, cette affaire soulève des questions sur la formation et la surveillance des policiers utilisant des outils aussi puissants que Flock Safety.
UN CAS QUI ILLUSTRE LES RISQUES DES TECHNOLOGIES DE SURVEILLANCE
Cette affaire n’est pas la première à révéler les dangers des technologies de surveillance entre les mains des forces de l’ordre. Aux États-Unis, plusieurs cas de détournement d’outils comme Flock Safety ont déjà été documentés.
Ces incidents montrent que même avec les meilleures intentions, l’accès à des outils de surveillance peut rapidement basculer dans l’abus. Ils rappellent aussi l’importance de mettre en place des contrôles stricts pour éviter que ces technologies ne soient utilisées à des fins personnelles.
Dans un monde où la surveillance de masse devient la norme, cette affaire est un rappel brutal : la technologie n’est ni bonne ni mauvaise en soi, tout dépend de ceux qui l’utilisent.
CE QUE BOZZO A ADMIS ET CE QU'IL A NIÉ
Dustin Bozzo a reconnu aux enquêteurs que ses actions étaient « incorrectes ». Pourtant, il a nié toute intention malveillante ou de nuire à son ex ou à son collègue. Les enquêteurs n’ont trouvé aucune preuve pour contredire cette affirmation.
Cependant, le sergent Jabbar Braithwaite, qui a mené l’enquête interne, a conclu que l’utilisation de Flock Safety par Bozzo était « incompatible avec la politique du département et l’usage autorisé du système », quelle que soit sa motivation.
Cette affaire montre que même sans mauvaise intention, l’utilisation abusive d’un outil de surveillance peut avoir des conséquences graves.
UNE AFFAIRE QUI POURRAIT CHANGER LES RÈGLES
Cette affaire pourrait avoir des répercussions bien au-delà du cas de Dustin Bozzo. Elle pourrait conduire à un renforcement des contrôles sur l’utilisation des outils de surveillance par les forces de l’ordre.
Elle pourrait aussi inciter les départements de police à revoir leurs politiques internes pour éviter que de tels détournements ne se reproduisent. Une chose est sûre : cette affaire rappelle que la technologie, aussi puissante soit-elle, doit toujours être utilisée avec rigueur et responsabilité.
POURQUOI CETTE AFFAIRE EST IMPORTANTE
Ce cas illustre les dangers des technologies de surveillance entre les mains des forces de l’ordre. Il montre que même les professionnels les mieux formés peuvent être tentés d’utiliser ces outils à des fins personnelles.
Il rappelle aussi que la confiance accordée aux policiers doit s’accompagner de contrôles stricts pour éviter les abus. Enfin, il pose une question essentielle : comment garantir que les outils conçus pour protéger ne deviennent pas des armes ?
Cette affaire est un rappel brutal que la technologie n’est ni bonne ni mauvaise en soi, tout dépend de ceux qui l’utilisent.
ET MAINTENANT ?
L’enquête interne est toujours en cours, et une « enquête criminelle » est menée en parallèle. Les résultats pourraient avoir des conséquences bien au-delà du cas de Dustin Bozzo.
Si des preuves de malveillance sont établies, les sanctions pourraient être lourdes. Mais même en l’absence de mauvaise foi, l’utilisation abusive de Flock Safety reste une violation grave des règles déontologiques.
Une chose est sûre : cette affaire pourrait changer la façon dont les outils de surveillance sont utilisés par les forces de l’ordre aux États-Unis.
- Wired AI
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