Un bateau de croisière contaminé par le virus Andes a accosté aux Canaries avant d'être évacué. Dix-huit passagers américains ont été rapatriés en urgence, dont un cas positif. Que sait-on de cette épidémie ?
LE NAVIRE MV HONDIUS, ÉPICENTRE D'UNE ÉPIDÉMIE INÉDITE
Un bateau de croisière frappé par une épidémie sans précédent de virus Andes a accosté ce week-end aux îles Canaries, au large de l'île de Tenerife. L'évacuation des passagers a débuté, mais un nouveau cas a été détecté lors du débarquement. Sur les 147 personnes présentes à bord avant l'évacuation, trente membres d'équipage resteront à bord pour ramener le navire à Rotterdam, aux Pays-Bas.
DIX CAS CONFIRMÉS, TROIS DÉCÈS
Au total, neuf cas de contamination par le virus Andes ont été recensés parmi les passagers et membres d'équipage. Trois décès ont déjà été enregistrés : un couple néerlandais et une femme allemande. Les autorités sanitaires espagnoles, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et d'autres responsables nationaux coordonnent les opérations d'évacuation et les vols de rapatriement, réservés aux passagers et non aux vols commerciaux.
UN CAS AMBIGU AUX ÉTATS-UNIS
Un passager américain a été testé « légèrement positif » après son évacuation, selon les autorités sanitaires américaines. Cependant, l'OMS qualifie ce résultat de « non concluant » et attend une confirmation avant de mettre à jour le bilan. Le département américain de la Santé a initialement annoncé le rapatriement de 17 citoyens américains, mais une correction a été apportée : 18 personnes ont en réalité été rapatriées, dont 17 Américains et une personne possédant la double nationalité britannique et américaine.
UN VOL VERS LE CENTRE DE QUARANTAINE NATIONAL
Les passagers rapatriés ont été transportés jusqu'à Omaha, dans le Nebraska, où se trouve l'unique Unité nationale de quarantaine des États-Unis, située sur le campus du Nebraska Medical Center et de l'Université du Nebraska Medical Center. Cet établissement abrite également une Unité nationale de biocontainment.
Parmi les 18 passagers rapatriés, deux ont été transportés dans des unités de biocontainment par précaution : la personne testée « légèrement positive » et une autre présentant des symptômes. Les autorités ont précisé que la définition des symptômes était « large », incluant même une simple congestion nasale.
15 PERSONNES ASYMPTOMATIQUES EN QUARANTAINE
Sur les 18 passagers rapatriés, 15 personnes, dont le détenteur de la double nationalité, sont asymptomatiques et placées en quarantaine. La personne testée « légèrement positive » est elle aussi asymptomatique pour l'instant et placée en unité de biocontainment au Nebraska. Les autorités n'ont pas précisé ce que signifiait exactement « légèrement positif », mais il s'agit probablement de la valeur du seuil de cycle (Ct) obtenue lors du test PCR en temps réel.
Un test PCR fonctionne en répétant des cycles pour amplifier des fragments d'ADN viral. Un résultat est généralement considéré comme négatif s'il n'y a pas de signal clair après 40 cycles. Cependant, des signaux faibles apparaissant après 35 cycles ou plus peuvent être interprétés comme ambigus : infection précoce ou tardive avec peu de Matériel viral, ou simplement contamination.
UN COUPLE EN ISOLEMENT À ATLANTA
Les deux derniers passagers, un couple voyageant ensemble, ont été déplacés vers une unité de biocontainment à l'Université Emory d'Atlanta. L'un d'eux présentait des symptômes et avait déjà été identifié comme cas potentiel. Ce déplacement vise à libérer de la place dans l'unité de biocontainment du Nebraska, dont la capacité d'isolement du virus Andes est limitée. Les autorités craignent en effet qu'un des 15 passagers en quarantaine ne développe une infection.
42 JOURS DE SURVEILLANCE POUR LES EXPOSÉS
La période de quarantaine pour les personnes exposées au virus Andes est de 42 jours à compter de la date d'exposition. Les 18 passagers rapatriés seront étroitement surveillés pour détecter une éventuelle infection mortelle. Les 15 personnes en quarantaine feront l'objet d'évaluations détaillées des risques. Selon plusieurs facteurs, certains pourraient rentrer chez eux avant la fin des 42 jours. Ces facteurs incluent leur niveau d'exposition, leur risque estimé et leur accès aux soins à domicile. Les personnes développant une infection par le virus Andes nécessitent des soins intensifs. Ainsi, si les passagers ne vivent pas à proximité d'établissements de santé équipés de réanimation ou de technologies de soutien vital avancé, comme l'ECMO (oxygénation extracorporelle), ils seront probablement invités à rester à Omaha.
LES BATEAUX DE CROISIÈRE, TERRAINS DE PROPAGATION IDÉAUX
Les bateaux de croisière, où des personnes venues de différents horizons vivent dans des espaces confinés avec des installations partagées, sont connus pour favoriser la propagation rapide et large des virus. Bien que ce soit la première fois qu'une épidémie de virus Andes avec une transmission interhumaine probable se produise sur un navire, aucun autre aspect de cette épidémie ne semble inhabituel par rapport à ce que l'on sait de la propagation du virus ou de la maladie. Le virus se transmet entre humains lors de contacts étroits et prolongés avec une personne symptomatique. Il n'est généralement pas connu pour se transmettre facilement ou à partir de personnes asymptomatiques.
SIX PASSAGERS AMÉRICAINS DÉBARQUÉS AVANT L'ÉPIDÉMIE
En plus des 18 passagers rapatriés ce week-end, six autres Américains avaient débarqué du MV Hondius en avril, avant que l'épidémie ne soit identifiée. Ils sont actuellement suivis par les autorités sanitaires de leur État respectif.
LE VIRUS ANDES : CE QU'IL FAUT RETENIR
Le virus Andes est un hantavirus qui se transmet principalement par l'inhalation de particules virales présentes dans les excréments ou l'urine de rongeurs infectés. Cependant, dans de rares cas, il peut également se transmettre d'une personne à une autre lors de contacts prolongés et étroits avec une personne malade. Les symptômes incluent fièvre, douleurs musculaires, fatigue intense, puis des difficultés respiratoires pouvant mener à un syndrome pulmonaire à hantavirus, une maladie grave et potentiellement mortelle. Il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique contre ce virus, mais une prise en charge médicale précoce améliore significativement les chances de survie.
QUELLES SONT LES PROCHAINES ÉTAPES ?
Les autorités sanitaires continuent de surveiller la situation de près. L'OMS et les responsables nationaux devraient fournir des mises à jour régulières sur l'évolution de l'épidémie. Les passagers encore à bord du navire seront évacués dans les prochains jours, tandis que les personnes rapatriées resteront sous surveillance pendant au moins 42 jours. Les autorités appellent à la vigilance et rappellent que les symptômes peuvent apparaître jusqu'à six semaines après l'exposition.
- Ars Technica
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