Une entreprise de marketing promettait d'écouter les smartphones pour cibler les publicités. La FTC vient de lui infliger une amende record de 880 000 $. Deux autres Sociétés paient chacune 25 000 $.
EN 2023, UNE ENTREPRISE AFFIRMAIT POUVOIR ÉCOUTER LES SMARTPHONES
En novembre 2023, une entreprise de marketing appelée Cox Media Group Local Solutions a lancé un service nommé Active Listening sur un site web. Le message était clair : « C’est vrai. Vos appareils vous écoutent » et promettait d’utiliser les données vocales pour aider les annonceurs à cibler les publicités vers des personnes précises.
LA PANIQUE A TOUT DE SUITE GAGNÉ
L’idée que les smartphones écoutent les gens pour vendre des produits a immédiatement provoqué une vague d’inquiétude. Le média 404 Media, qui avait repéré le site en premier, a écrit que cette idée « pourrait enfin devenir une réalité ». Pourtant, il était déjà évident que les affirmations de Cox Media Group étaient peu crédibles.
UNE TECHNOLOGIE QUI N’EXISTAIT PAS
L’entreprise n’a jamais expliqué comment elle pourrait extraire discrètement assez de puissance de calcul et de réseau depuis les appareils des utilisateurs pour capturer et envoyer des enregistrements vocaux en temps réel. Elle n’a pas non plus expliqué comment elle pourrait obtenir un accès plus intime aux foyers que celui permis par la loi aux forces de l’ordre sans mandat.
LA FTC DONNE RAISON À SES SUSPICIONS
Cette semaine, la Federal Trade Commission (FTC) a annoncé que Cox Media Group paiera 880 000 dollars pour régler les accusations selon lesquelles l’entreprise avait « faussement » affirmé proposer un service alimenté par l’IA capable de cibler des publicités localisées à partir des conversations captées sur les appareils intelligents des consommateurs, et que les consommateurs avaient opté pour ce ciblage.
La FTC précise que cet argent ira aux clients lésés.
UN SERVICE QUI N’A JAMAIS FONCTIONNÉ
D’après les plaintes déposées par la FTC, ce service ne permettait en réalité pas d’écouter les conversations des consommateurs ni d’utiliser les données vocales. Il ne plaçait pas non plus correctement les publicités dans les lieux souhaités par les clients. En réalité, le service fourni par les entreprises consistait à revendre, avec une forte majoration, des listes d’emails obtenues auprès d’autres courtiers en données.
DEUX AUTRES SOCIÉTÉS SANCTIONNÉES
Après avoir collaboré avec Cox Media Group, deux sociétés de marketing, 1010 Digital Works LLC basée dans le Wisconsin et MindSift LLC basée dans le New Hampshire, paieront chacune une amende de 25 000 dollars.
UNE AFFIRMATION TROMPEUSE DÉMONTÉE
Dans un blog publié en 2023 puis supprimé depuis, Cox Media Group affirmait que Active Listening reposait sur un partenaire non nommé de l’entreprise qui avait une « capacité croissante à accéder aux données des microphones sur les appareils ». Pourtant, lorsqu’un média avait couvert Active Listening pour la première fois, un porte-parole de l’entreprise avait admis à Ars Technica que Cox Media Group n’écoutait « aucune conversation ni n’avait accès à quoi que ce soit en dehors d’un ensemble de données agrégées, anonymisées et entièrement chiffrées fournies par un tiers, utilisable pour le placement de publicités ».
DES PUBLICITÉS CIBLÉES SUR DES MENSONGES
La FTC explique que Cox Media Group, 1010 Digital Works et MindSift ont vendu Active Listening à de petites entreprises en affirmant faussement que ce service aiderait ces entreprises à cibler des clients dans des zones géographiques précises.
AUCUN CONSENTEMENT RÉEL DES UTILISATEURS
Selon la FTC, les sociétés de marketing ont aussi affirmé que les cibles publicitaires avaient opté pour Active Listening en acceptant les conditions d’utilisation d’applications tierces. Pourtant, cela était également faux.
UNE VIOLATION DE LA LOI MÊME SI ÇA AVAIT MARCHÉ
La FTC précise que même si Active Listening avait fonctionné comme annoncé, la collecte et l’utilisation des données vocales des consommateurs sans consentement adéquat auraient déjà violé l’article 5 de la loi sur la FTC.
DEUX VIOLATIONS POUR DEUX SOCIÉTÉS
La FTC a accusé les trois entreprises de violer la loi sur la FTC. Elle a aussi accusé 1010 Digital Works et MindSift d’une seconde violation : elles auraient fourni à Cox Media Group « les moyens et les outils pour tromper les clients » via des supports marketing, des arguments de vente et des réponses aux questions des clients qui induisaient en erreur les petites entreprises sur Active Listening.
INTERDICTION DE MENTIR À NOUVEAU
Dans le cadre des accords de règlement, les trois entreprises sont désormais interdites de falsifier les capacités de leurs services ainsi que la collecte et l’utilisation des données vocales.
LES ENTREPRISES RECONNAISSENT LEURS ERREURS
« Nous sommes heureux que cette affaire soit résolue », a déclaré un porte-parole de Cox Media Group dans un communiqué adressé à Wired. « Notre équipe de marketing local s’est fiée à des supports marketing fournis par un fournisseur tiers concernant leur produit. Nous avons retiré ces supports rapidement et arrêté l’utilisation du produit. »
LES SMARTPHONES PEUVENT ENCORE ÉCOUTER… MAIS PAS COMME ÇA
Bien que Active Listening n’ait jamais existé, les appareils intelligents peuvent toujours capturer des données de manière moins évidente. Les risques plus réalistes incluent les lunettes intelligentes de Meta partageant des enregistrements intimes, les téléviseurs intelligents traquant les habitudes de visionnage, les caméras Ring espionnant les utilisateurs et les assistants vocaux écoutant sans commande explicite.
- Ars Technica
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