Un Airbus A350-1000ULR a effectué un vol d’essai de plus de 24 heures entre Melbourne et Toulouse. Une première qui annonce l’arrivée des trajets les plus longs au monde dès 2027.

UN AVION RECORD POUR DES TRAJETS INÉDITS

Un Airbus A350-1000ULR vient de réaliser un exploit : un vol d’essai de plus de 24 heures entre l’Australie et la France. Cet avion, spécialement conçu pour la compagnie Qantas Airways, prépare l’arrivée des trajets sans escale les plus longs du monde. Dès 2027, ces vols pourraient relier Sydney à New York ou Londres sans arrêt.

Pour la première fois, un avion de ligne reste en l’air plus de 24 heures d’affilée.

DES TESTS EN DEUX TEMPS : TOULOUSE-MELBOURNE, PUIS MELBOURNE-TOULOUSE

Avant ce vol record, l’appareil avait enchaîné des essais près des usines Airbus à Toulouse avec une petite équipe de pilotes et d’ingénieurs. Le premier vol d’essai long a eu lieu la semaine dernière : il a duré 19 heures et 13 minutes entre Toulouse et Melbourne, du 23 au 24 juillet. Puis, le retour a battu tous les records : 24 heures et 25 minutes de vol entre Melbourne et Toulouse, du 27 au 28 juillet.

Selon Airbus, ce trajet retour a couvert 12 460 milles marins (soit environ 23 000 kilomètres). D’après le service de suivi Flightradar24, l’avion a survolé à la fois l’océan Pacifique, l’Amérique du Nord et l’océan Atlantique.

UN RÉSERVOIR SUPPLÉMENTAIRE POUR DÉFONCER LES RECORDS

Pour tenir ces distances folles, l’A350-1000ULR est équipé d’un réservoir de carburant supplémentaire à l’arrière, capable de contenir 20 900 litres de kérosène. Cela permet d’étendre son autonomie de 1 000 milles marins, soit assez pour couvrir les près de 10 000 milles marins nécessaires pour relier Sydney à New York ou Londres sans escale.

DEUX ÉQUIPAGES POUR UNE MISSION À 24 HEURES

Avec des vols aussi longs, la fatigue des pilotes devient un vrai défi. Airbus a mis en place un système de rotation toutes les deux heures : chaque pilote effectue des quarts de quatre heures, mais l’équipage est remplacé toutes les deux heures. Ainsi, quand un nouveau pilote arrive dans le cockpit, il passe deux heures en chevauchement avec son prédécesseur pour assurer une transition fluide.

Xavier Pepin, le pilote d’essai Airbus qui a dirigé le vol retour, explique : « Pour gérer la fatigue pendant les vols de 20 à 23 heures, nous avons mis en place des quarts de quatre heures, mais nous faisions tourner l’équipage toutes les deux heures. Cette approche échelonnée garantit qu’un nouveau pilote arrive avec deux heures de chevauchement avec son prédécesseur. »

QUATRE PILOTES AIRBUS, PLUS DEUX PILOTES QANTAS À BORD

Pour le premier vol vers Melbourne, l’équipage comptait quatre pilotes Airbus et cinq ingénieurs de test qui surveillaient les systèmes de l’avion depuis le cockpit ou des postes de travail dans la cabine principale. Pour le vol retour, deux pilotes de Qantas ont rejoint l’équipage, composé de trois pilotes Airbus et de cinq ingénieurs de test.

« Nous avons organisé un planning pour permettre à un pilote Qantas de prendre les commandes à des moments précis », précise Xavier Pepin. « Ces pilotes sont déjà qualifiés sur l’A350, et cette mission leur a offert leur première expérience avec la version -1000ULR. »

UNE TRAJECTOIRE SUIVIE PAR 3,6 MILLIONS DE PERSONNES

Le vol retour de Melbourne à Toulouse a attiré l’attention de millions de spectateurs. Plus de 3,6 millions de personnes ont suivi sa trajectoire en direct sur Flightradar24. Il s’agit du deuxième vol le plus suivi de l’histoire sur ce service, juste derrière le vol de la Royal Air Force qui transportait le cercueil de la reine Élisabeth II en 2022.

SINGAPOUR AIRLINES DÉTIENT ACTUELLEMENT LE RECORD

Pour l’instant, c’est Singapour Airlines qui détient le record du vol commercial sans escale le plus long : elle relie New York à Singapour en 18 à 19 heures. Cet exploit est réalisé avec un Airbus A350-900ULR, capable d’embarquer jusqu’à 161 passagers.

Mais avec le nouvel A350-1000ULR de Qantas, les trajets Sydney-New York ou Sydney-Londres pourraient durer jusqu’à 21 heures et 40 minutes en conditions réelles. Ce nouveau record pulvérise déjà ce seuil.

238 PASSAGERS POUR UN AVION ULTRA-CONFORT

Une fois transformé pour le service commercial, chaque avion de Qantas pourra embarquer jusqu’à 238 passagers. C’est la densité de sièges la plus faible de tous les A350-1000 en service dans le monde. La compagnie mise sur cet espace supplémentaire pour offrir un confort inédit : des stations de restauration en libre-service, une « zone bien-être » avec des espaces pour s’allonger, et des sièges plus larges.

DES BILLETS PREMIUM POUR FINANCER L’EXPLOIT

Les tarifs des billets n’ont pas encore été dévoilés, mais Qantas réserve déjà plus de 40 % des sièges aux passagers prêts à payer plus cher pour des places en Première, Affaires ou Économie Premium. Cette stratégie pourrait aider la compagnie à dégager des bénéfices malgré un nombre total de passagers plus faible, tout en positionnant ces trajets comme un service haut de gamme unique.

Cependant, Qantas pourrait aussi revoir ses prix à la hausse si le coût du kérosène reste élevé en 2027. La guerre entre les États-Unis et Israël avec l’Iran, ainsi que les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, pourraient faire grimper la facture de 100 milliards de dollars pour l’ensemble du secteur aérien dès 2026. Singapour Airlines a déjà enregistré sa première perte nette depuis le pic de la pandémie en 2022, en partie à cause de la flambée des prix du carburant.

PROJECT SUNRISE : LE FUTUR DE L’AVIATION LONGUE DISTANCE

Ces vols record s’inscrivent dans le cadre du Project Sunrise de Qantas. L’objectif ? Relier l’Australie à l’Europe et à l’Amérique sans escale, en battant tous les records de durée et de distance. Avec l’A350-1000ULR, la compagnie australienne pourrait bien devenir la référence mondiale du voyage longue distance, en offrant des trajets ininterrompus de plus de 20 heures.

En 2027, Sydney-Londres ou Sydney-New York sans escale pourrait devenir une réalité. Le voyage en avion entre dans une nouvelle ère.

UNE NOUVELLE ÈRE POUR LES VOYAGEURS

Ces trajets record ne sont pas qu’une prouesse technique : ils pourraient aussi redéfinir notre façon de voyager. Plus de fatigue liée aux escales, plus de stress des correspondances, mais des vols directs de plus de 20 heures dans des avions conçus pour le confort. Pour les voyageurs prêts à payer le prix fort, l’expérience promet d’être inoubliable.

Et si ces vols deviennent une réalité dès 2027, ils pourraient bien marquer le début d’une nouvelle ère pour l’aviation mondiale.

Sources :
  • Ars Technica

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