Le procès d’Elon Musk contre les fondateurs d’OpenAI et Microsoft s’est terminé en trois jours. Les jurés ont balayé ses accusations en moins de temps qu’il n’en faut pour lire ce paragraphe.

UN PROCÈS PERDU EN 72 HEURES

Le jury a rendu son verdict en moins de trois jours : la plainte d’Elon Musk contre les autres fondateurs d’OpenAI et Microsoft était si fragile que les jurés n’ont même pas eu besoin de longues délibérations. Sam Altman et ses équipes ont démontré point par point que la loi était de leur côté, tandis que les avocats de Musk tentaient désespérément de sauver une accusation reposant sur un manque flagrant de crédibilité.

LE JURY A TORD ELON MUSK : IL N’A MÊME PAS CRU À SES PROPRES ARGUMENTS

Après l’annonce du verdict, certains dans la salle d’audience n’arrivaient pas à croire que Musk avait perdu. Le milliardaire lui-même semblait sous le choc : il a publié un message sur son réseau social, avant de le supprimer, où il traitait la juge Yvonne Gonzalez Rogers de « juge militante d’Oakland ». Il annonçait aussi son intention de faire appel, affirmant sans preuve que « Altman et Brockman s’étaient enrichis en volant une œuvre caritative ».

MUSK A AUSSI BÉNÉFICIÉ D’OPENAI… SANS PAYER

Les débats ont révélé une vérité gênante : Elon Musk n’était pas seulement l’accusateur, il était aussi un bénéficiaire des ressources d’OpenAI. Un témoin clé, Greg Brockman, a raconté qu’en 2017, Musk avait demandé à une équipe de chercheurs d’OpenAI de se rendre au siège de Tesla pendant plusieurs semaines pour aider à améliorer l’autopilote. Andrej Karpathy, Ilya Sutskever et Scott Gray avaient été mobilisés, sans que Tesla ne rembourse OpenAI pour leur temps ni leurs efforts. Pire : Musk avait même demandé à Brockman de lui recommander des employés à licencier chez Tesla, une demande que ce dernier avait refusée.

UNE AIDE GRATUITE… POUR UNE ŒUVRE CARITATIVE DÉTOURNÉE

Le cœur de l’accusation de Musk reposait sur l’idée que Sam Altman et Greg Brockman avaient trahi la confiance placée en eux. Selon lui, il avait donné des fonds pour une œuvre caritative précise : financer des recherches sur l’intelligence artificielle générale (AGI) dans un cadre non lucratif. Pourtant, au lieu d’embaucher des scientifiques pour OpenAI, Musk les avait envoyés travailler gratuitement pour Tesla, son entreprise à but lucratif. Une manœuvre que Dorothy Lund, professeure de Droit à l’université Columbia, a qualifiée de « peu crédible », soulignant que Musk lui-même avait détourné des ressources de la mission initiale d’OpenAI.

LES AVOCATS D’ALTMAK : « MUSK A RECRUTÉ UN DES MEILLEURS CHERCHEURS D’OPENAI »

Les avocats d’OpenAI ont contre-attaqué en révélant un détail accablant : peu après cet épisode, Karpathy avait quitté OpenAI pour rejoindre Tesla. Pour les défenseurs d’OpenAI, cela prouvait que Musk avait violé son devoir de loyauté envers le laboratoire, dont il était co-président du conseil d’administration. En recrutant l’un de ses chercheurs clés, il avait mis OpenAI en difficulté, tout en bénéficiant de son expertise pour son propre profit.

MUSK A TENTÉ DE PRENDRE LE CONTRÔLE D’OPENAI… EN MENAÇANT DE RETIRER SES DONS

Un autre élément a joué en défaveur de Musk : ses tentatives répétées pour prendre le contrôle total d’une filiale commerciale d’OpenAI en 2017. Il avait utilisé une stratégie de « bon flic, mauvais flic », alternant cadeaux (comme des Tesla offertes à ses cofondateurs) et menaces (en menaçant de retirer ses dons). Ses avocats ont eu du mal à convaincre le jury qu’il existait une différence majeure entre ce qu’il imaginait et la filiale commerciale créée en réalité. Ils avaient suggéré qu’une petite entité commerciale annexe serait acceptable, mais les témoins d’OpenAI ont rappelé que les œuvres caritatives avec des bras commerciaux importants sont monnaie courante.

« Il est peu probable que Musk puisse gagner son procès pour trahison de confiance caritative, alors qu’il semble avoir lui-même détourné des actifs de manière incompatible avec cette mission. » — Dorothy Lund, professeure de droit à Columbia

UNE HISTOIRE ALTERNATIVE : ET SI MUSK AVAIT ACCEPTÉ UNE PARTE ÉGALE ?

Les débats ont révélé une version des faits où Musk aurait pu devenir l’un des plus grands actionnaires d’OpenAI… sans en être le dirigeant. Plusieurs fois pendant le procès, des associés de Musk ont témoigné qu’il refusait systématiquement d’investir dans une entreprise où il ne pourrait pas avoir un contrôle total. Pourtant, ses cofondateurs lui avaient proposé à plusieurs reprises de partager équitablement les parts. Une occasion manquée qui aurait pu faire de lui un acteur majeur du secteur, mais pas le patron.

POURQUOI ATTENDRE SI LONGTEMPS POUR PORTER PLAINTE ?

L’échec de Musk s’explique aussi par un problème de timing. La loi impose des délais stricts pour engager des poursuites, et Musk avait attendu des années avant de déposer sa plainte. Dorothy Lund a expliqué que ces délais ne sont pas anodins : « Les gens et les entreprises prennent des décisions importantes en se basant sur ce qu’ils pensent être légal. Si quelqu’un comme Musk attend trop longtemps pour porter plainte, le coût pour défaire toutes ces décisions peut dépasser largement une indemnisation équitable. »

« Le jury devait se demander : Musk aurait-il dû savoir avant août 2021 qu’OpenAI utilisait ses ressources en dehors de sa mission ou lançait une filiale commerciale ? La réponse est claire : Musk faisait exactement la même chose. »

LE JURY N’A PAS EU BESOIN DE DÉLIBÉRER LONGTEMPS

Le jury n’a pas communiqué sur les raisons exactes de son verdict, mais les éléments présentés pendant le procès étaient accablants. Les jurés devaient répondre à une question précise : avant le 5 août 2021, Musk aurait-il dû savoir qu’OpenAI dépensait ses ressources en dehors de sa mission ou créait une filiale commerciale ? La réponse était évidente : Musk lui-même agissait de la même manière.

MUSK A PERDU PARCE QU’IL A TROP ATTENDU

La rapidité du verdict montre à quel point la plainte de Musk était faible. En attendant si longtemps pour porter l’affaire en justice, il a donné à OpenAI le temps de se renforcer, de prouver sa légitimité, et de démontrer que ses actions étaient conformes à la loi. Le jury n’a eu qu’à constater l’évidence : Musk n’avait pas de cas solide, et ses accusations reposaient sur des contradictions flagrantes.

CE QUE CE PROCÈS RÉVÈLE SUR LES FONDATEURS D’OPENAI

Au-delà des accusations de Musk, le procès a offert un aperçu des stratégies utilisées par Sam Altman et ses équipes pour transformer OpenAI en une organisation à la fois caritative et commerciale. Les témoins ont confirmé que la création d’une filiale commerciale était une étape logique, et que les ressources avaient été utilisées de manière transparente. Contrairement aux allégations de Musk, il n’y avait pas eu de détournement, mais une évolution naturelle vers un modèle hybride, où les profits servaient à financer des recherches ambitieuses.

POURQUOI LES JURÉS ONT REJETÉ LES ACCUSATIONS DE MUSK

Le jury a rejeté les accusations de Musk pour trois raisons principales : d’abord, parce que ses propres actions contredisaient ses propos ; ensuite, parce qu’il avait attendu trop longtemps pour porter plainte ; enfin, parce que les preuves présentées par OpenAI démontraient que les fonds avaient été utilisés conformément à la mission initiale, même si cette mission avait évolué avec le temps. En résumé, Musk a perdu parce qu’il a tenté de jouer les deux rôles : celui de l’accusateur et celui du bénéficiaire des ressources qu’il accusait d’avoir été détournées.

UNE LEÇON POUR LES MILLIARDAIRES : LE TEMPS TRAVAILLE CONTRE VOUS

Ce procès est un rappel brutal pour les milliardaires qui croient pouvoir utiliser la justice comme une arme. En attendant des années avant de porter plainte, Musk a donné à OpenAI le temps de se structurer, de prouver sa légitimité, et de montrer que ses actions étaient légales. Le jury n’a eu qu’à constater l’évidence : ses accusations étaient infondées, et ses propres agissements prouvaient qu’il n’avait pas de moralité à invoquer. Une défaite juridique qui rappelle que, dans le monde des affaires, le temps est un allié… mais aussi un ennemi.

ET MAINTENANT ? MUSK VA FAIRE APPEL… MAIS POURRA-T-IL GAGNER ?

Malgré la rapidité du verdict, Musk a annoncé son intention de faire appel. Pourtant, les chances de succès semblent minces. Les preuves présentées pendant le procès étaient accablantes, et le jury a clairement indiqué que les accusations de Musk manquaient de fondement. Même si Musk obtient gain de cause en appel, il devra prouver que les actions d’OpenAI étaient illégales, ce qui semble de plus en plus improbable. Une chose est sûre : ce procès a révélé les limites de sa stratégie, et le monde tech retient la leçon.

Sources :
  • TechCrunch AI

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