Un réacteur nucléaire de la taille d’un conteneur a franchi une étape clé. Mais attention, il ne produit pas encore d’électricité.

UNE ORDONNANCE POUR BOOSTER L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE

Il y a un peu plus d’un an, l’administration Trump a signé un décret pour accélérer le Développement de l’énergie nucléaire aux États-Unis. L’objectif ? Faire en sorte que trois designs de réacteurs différents atteignent la criticité en un peu plus d’un an. La criticité, c’est le moment où la réaction nucléaire devient autonome : les atomes d’uranium se divisent en continu et libèrent de l’énergie sans avoir besoin d’apport extérieur. Mais attention, cela ne signifie pas que le réacteur produit déjà de l’électricité.

ANTARÈS FRANCHIT LE CAP EN PREMIER

Jeudi dernier, la startup Antarès a annoncé avoir franchi cette étape cruciale avec un réacteur test installé dans le laboratoire national de l’Idaho. Aucun autre design de réacteur n’avait réussi à atteindre ce seuil auparavant. Pourtant, malgré cette avancée, aucun projet de construction de ce type de réacteur n’est prévu pour l’instant.

Pour la première fois depuis des décennies, un nouveau design de réacteur nucléaire atteint la criticité aux États-Unis.

LE SECRET ? DES PETITES BOULES D’URANIUM ULTRA-RÉSISTANTES

Antarès mise sur une technologie appelée TRISO, une innovation qui simplifie la conception des réacteurs tout en améliorant leur sécurité. Au cœur de cette technologie, on trouve de minuscules pastilles d’uranium enrobées de plusieurs couches de carbone. Ces couches agissent comme un bouclier : elles ralentissent les neutrons et les particules libérés par la fission, tout en empêchant les isotopes les plus dangereux de s’échapper. Le tout est enfermé dans une coque en céramique capable de résister aux températures extrêmes générées par l’uranium.

Si le réacteur parvient à maintenir ces pastilles TRISO en place, le risque de fusion du cœur ou de fuite radioactive devient quasi nul. Cependant, des neutrons peuvent s’échapper et transformer certains matériaux environnants en isotopes instables. Pour limiter ce danger, Antarès entoure le TRISO d’une gaine en graphite, qui ralentit la majorité de ces neutrons.

UN SYSTÈME DE REFROIDISSEMENT INNOVANT

Pour éviter les risques non radioactifs, Antarès utilise du sodium pour évacuer la chaleur produite par le réacteur vers un échangeur thermique. La chaleur est ensuite transférée à de l’azote sous pression, qui actionne une turbine dans un cycle fermé de Brayton. Ce système permet de transformer la chaleur en énergie mécanique, sans risque de fuite ou de contamination.

UNE PHASE DE TESTS POUR VALIDER LA SÉCURITÉ

Pour l’instant, Antarès teste ce qu’elle appelle le réacteur Mark 0, une version qui n’est pas encore reliée à un système de production d’électricité. Son rôle ? Valider les modèles physiques de l’entreprise et générer des données de sécurité essentielles pour les futures demandes de licence. Les premiers essais incluant la production d’électricité sont prévus pour l’année prochaine.

UNE TECHNOLOGIE SOUTENUE PAR L’ARMÉE ET LA NASA

Bien que les tests aient été réalisés dans un laboratoire du département de l’Énergie, Antarès collabore avec le programme Peace Pele du département de la Défense américain pour développer un réacteur nucléaire mobile. La startup a également reçu le soutien de la NASA, signe que cette technologie intéresse aussi le secteur spatial.

Cette avancée marque un tournant pour l’énergie nucléaire, mais il reste encore du chemin avant de voir ces réacteurs miniatures alimenter nos villes.

Sources :
  • Ars Technica

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